Dans tout système tyranique, apparaissent des courtisans qui anticipent sur les noirs dessins du tyran pour faire progresser leurs ambitions personnelles.
S'il est incontestable que hitler souhaite et favorise l'émergence d'une politique ouvertement, objectivement et massivement anti-sémite et anti-communiste, il n'est pas lui même à l'origine des mesures imaginées.
En voici quelques éléments de preuves.
Le plan Madagascar a été élaboré par Martin Luther un nazi acharné des services de ribbentrop qui fait soumettre le plan par Alfred Rosenberg pour plaire "au maître", ce n'est pas le plan d'hitler qui, à ce stade veut juste, que les juifs quittent le Reich en laissant tous leurs biens à titre de réparation
La systématisation exécutive par des administrations socialistes des désirs réels et suposés de tyrans est une constante qui se manifeste ici
De la même façon, goering est à l'origine des mesures financières qui ont suivi la Nuit de Cristal et c'est lui qui imagine le système d"assurance" pour racketter la communauté juive (le rapport de réunion bien connu le démontre) et non hitler
De plus, et vous le savez mieux que moi, la façon de procéder d'hitler consiste à demander que lui soient soumis des plans qu'il approuve, rejette ou en demande modification (voir plan jaune etc...) Ceci s'applique à la politique d'expension diplomatique et militaire mais pas à la politique intérieure où il fait confiance à himmler qui bien sûr le tient très au courant de ce qu'il réalise ... mais hitler, satisfait de voir que les réalisations dépassent ses propres espérances, n'est pas "à la manoeuvre" dans le domaine intérieur sauf pour l'architecture qu'en "artiste" il développe avec Speer, créant les camps de concentrations (Dachau, Buchenwald, Mauthausen...) sur des carrières pour "faire d'une pierre deux coups" (pardon pour ce macabre jeu de mots).
Pour la politique de terreur intérieure, il a donné, fait unique, un pouvoir plénipotentiaire (ce qui veut dire justement qu'il n'a pas à pré-approuver chaque mesure et rester "à la manoeuvre) à himmler Generalbevollmächtigter für die Verwaltung ou plénipotentiaire pour l'administration du Reich. Ce pouvoir sera délégué de 1939 à 1942 à Walter Schellenberg, sous la forme d'un Sonderbevollmächtigter dont même heydrich n'aura jamais bénéficié. Il faudra attendre la mi-1944 pour que Joseph Goebbels devienne Reich Plenipotentiary for Total War sur le front intérieur (Reichsbevollmächtigter für den totalen Kriegseinsatz an der Heimatfront).
Donc voilà pourquoi je sais qu'hitler qui est focalisé sur l'expension à l'Est, l'économie destinée à permettre cette expension, et l'image de grandeur, n'est pas "à la manoeuvre" sur les juifs et les opposants réels ou ptentiels... parce qu'il a des serviteurs nazi dont le fanatisme dépasse ses propres espérances et que parmi eux, il en a même deux qui sont intelligents (heydrich et schellenberg, plus sauvagement créatifs et cyniquement intelligents que himmler, franz six ou werner best)
Pourquoi pensez vous que schellenberg ait connu une carrière méthéorique qui l'a placé à un grade supérieur à celui d'eichman.
Je pourrais lister ici le nombre de mesure que schellenberg/himmler (puisque schellenberg pouvait au titre de son pouvoir délégué signer au nom d'himmler) ont soumis au Führer alors qu'ils les avaient déjà enclanchées.
himmler et schellenberg visitent les camps d'extermination pour vérifier l'application des solutions qu'ils ont imaginé... pas hitler qui s'en remet à eux et n'est pas "à la manoeuvre" sur ces sujets qu'il appelle de ses voeux. Pour la diplomatie, la stratégie militaire, l'architecture, le financement de ses projets à l'est, il est effectivement "à la manoeuvre"... pas sur les massacres sauf pour imposer à ses généraux les mesures qui ont été imaginés et préparés par ses noirs assassins et qui empiètent avec son accord sur son domaine reservé, l'armée. |