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Les secrets d'une reddition / Allen Dulles

En réponse à -5 -4 -3 -2
-1Waibel préfère se taire de David von Felten

De l'ignorance de Guisan et Masson de Christian Rossé le lundi 07 mars 2011 à 02h20

Un certain nombre de documents conservés aux Archives fédérales suisses, sous la cote E5795/327 – qui contient une partie des archives de l’état-major particulier d’Henri Guisan –, donne, à mon avis, un début de réponse au qui sait quoi. Il s’agit de rapports de Roger Masson au Général de mars et avril 1945 dans lesquels le chef du SR tient au courant le commandant de l’armée de l’évolution des négociations, ainsi que d’un rapport « Rigi » d’avril 1945 et d’une lettre de 1946 de Masson à Karl Kobelt sur cette affaire, produite à la demande Guisan (j’ai fait allusion à ce dernier document dans Le Service de renseignements suisse face à la menace allemande, p. 208-209).

A noter que les rapports de Masson à Guisan sont classés « Strictement personnel » et « Secret », et sont tapés en trois exemplaires numérotés (Guisan, Masson et le chef de l’EMA, Huber). Sans exclure des communications orales, il est probable, du fait du niveau de confidentialité de cette correspondance, que ce dont Masson a mis au courant ses supérieurs est y contenu. Le texte va d’ailleurs parfaitement dans ce sens. Aucune phrase ambiguë ne fait penser que des choses se sont dites par ailleurs.

Dans ces documents contemporains des faits, le rôle joué par Max Waibel, alias « Rigi », n’est jamais évoqué. Masson mentionne à l’attention de Guisan une « personnalité de [son] réseau particulier » ayant pris part à une réunion à Zurich. Mais lorsqu’il évoque les participants à la conférence d’Ascona de la fin mars 1945, il ne fait aucune mention de la présence d’un Suisse.

Des documents de mars et avril 1945, il semble ressortir que Guisan ne savait rien du rôle joué par Waibel – du moins au travers de Masson. En principe, seul Hans Hausamann avait le droit de court-circuiter la voie hiérarchique, mais sait-on jamais.

Le bulletin « Rigi » de Waibel, n° 10412 du 26 avril 1945, fait état de manière très précise de l’état des pourparlers, et notamment du frein mis par les Soviétiques. Mais ne fait aucune allusion à la présence du chef de la NS1 à proximité de la table des négociations.

Dans sa réponse du 3 juillet 1946 à Kobelt, Guisan écrit qu’il était au courant des négociations via les rapports de Masson – lesquels ne font, comme je l’ai dit, aucune référence au rôle joué par Waibel – et que donc il n’a « pas eu connaissance des agissements de ce derniers ». Il est intéressant, j’y reviendrai, de constater que le Général souligne, dans ce document, l’importance de ces rapports, « car d’une part ils [lui] prouvaient que les actions étrangères les plus secrètes n’échappaient pas à la vigilance de notre S.R. et d’autre part qu’une rupture de la bataille d’Italie (où se trouvaient 25 divisions allemandes) était grosse de conséquences pour notre couverture-frontière et notre service d’ordre ».

On peut relever que, dans un commentaire publié en complément des mémoires du chef de la NS1 (Max Waibel, 1945 Kapitualtion in Norditalien, Novalis, Schaffhouse, 2001 (2e édition)), Hans Rudolf Kurz souligne que Waibel n’a pas informé sa hiérarchie de son rôle.

Voilà ce qui concerne Guisan. Et Masson ?
Dans sa lettre à Kobelt du 5 juillet 1946, le chef du SR écrit qu’il ignorais « le rôle exact joué par Waibel », qu’il pensait passif, et qu’il lui avait « interdit […] de s’exposer activement comme officier de renseignements de notre armée ».
Masson ajoute plus bas :
« Si donc Waibel prétend aujourd’hui que toutes ses initiatives personnelles ont été prises avec mon consentement (bien qu’à cette époque je ne fusse momentanément plus à la tête du S.R.), cette affirmation est inexacte. Du simple point de vue psychologique et pour ma propre cause, je n’avais aucun intérêt à compliquer le "Cas Masson" (abus de pouvoir militaire !!) en couvrant de mon autorité des initiatives qui, bien qu’elles eurent des résultats positifs dans leur aboutissement final, pouvaient un jour m’être reprochées comme on le faisait à cette époque au sujet de ma liaison avec Schellenberg. »
Il me semble également judicieux de citer ce passage de sa conclusion :
« Je demande instamment qu’on n’inquiète pas, une année après la fin de la guerre, le lieut.-colonel Waibel pour des initiatives qu’il a certainement prises dans l’intérêt du Pays, et notamment dans celui de notre S.R. »

Contrairement à MM. Favre et von Felten, je ne vois rien de bizarre ou d’étonnant à ce que Masson et Guisan soient restés ignorants du rôle de Waibel. En effet, il était courant durant la Seconde Guerre mondiale de ne pas vouloir voir les infractions à la neutralité pratiquées par les officiers du SR. Par exemple, la collaboration avec les SR alliés à la frontière, qui passaient pour une initiative personnelle des chefs de postes récepteurs comme Clément à Genève, Surdez à Porrentruy, Gagnaux à Neuchâtel, Olivet à Lausanne, Jaquerod à Yverdon, etc. (et probablement l’étaient dans une large mesure), était ignorée de la hiérarchie, tant que les résultats étaient là et que cela restait discret. On voit bien que Guisan a porté une grande attention aux rapports de Waibel. Il est probable que le chef de l’armée ait préféré ne pas savoir comment « Rigi » avait obtenu des renseignements aussi précis.
Je pense que le commandement de l’armée – et c’est une des positions que je défendrai dans ma thèse – préférait délibérément ignorer des pratiques en infraction à la neutralité qui apportaient des résultats, mais dont la simple connaissance revenait à les couvrir de son autorité – et donc à le mettre en cause en cas de révélation au grand jour.


M. von Felten écrit que Waibel a préféré se taire pour ne pas nuire à Guisan. La lettre de Kobelt à Guisan du 25 juin 1946 à l’origine des réponses du Général et de Masson (voir ci-dessus), ne va pas dans ce sens. Selon le chef du Département militaire fédéral, en juin 1946, Max Waibel donne des conférences et a déjà fait parvenir à un éditeur le manuscrit de ses mémoires sur l’Opération Sunrise. Toujours selon cette lettre – et comme l’écrit M. von Felten dans son premier message –, le chef de l’EMG aurait eu pour instruction de faire en sorte que le manuscrit soit retiré et que Waibel renonce, provisoirement est-il dit, à la publication de cet ouvrage. Selon Hans Rudolf Kurz, dans le même article cité plus haut, Waibel aurait bien été contraint au silence. Je ne pense pas pour ma part que Waibel ait cherché à couvrir le Général par son silence. Au contraire, toujours selon la lettre de Kobelt, il aurait affirmé au DMF avoir informé ses supérieurs de son rôle.

*** / ***

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