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Indigènes / Rachid Bouchareb

En réponse à -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1Est ce que Notin parle de ça ? de Jacques Ghémard

Oui, NOTIN parle de çà... de Leon le mercredi 31 mai 2006 à 16h11

Pour répondre à Jacques, Oui, J.C. Notin en parle dans son livre, a la page 500, dans un chapitre entier intitulé "L'enquête jamais ouverte", que je vous recopie partiellement ici. (mon scan est occupé).

"On parle de pillages, de viols, de vols. Pour désigner le coupable, un seul nom, un seul: Le Marocain, et plus précisément le goumier. Les goums sont devenus une légende et une plaisanterie sinistre au sein de la VIIIe armée. Aucune histoire sur leurs viols ou autres actes, n'était trop excentrique pour être crue. Les Italiens ont même inventé un verbe "marocchinisare".
"Ce sont des primitifs", dira le général de Gaulle au général Guillaume tentant de lui démontrer que ses goumiers sont accusés à tort. De Gaulle réclame une enquête mais ne l'obtient pas. Qu'aurait-elle pu établir?

Pour les vols, l'objet du délit concerne essentiellement du bétail. Les Alliés avaient en effet interdit en nov.43, l'achat de certaines denrées à la population locale. Les Alliés étant fournis en viande frigorifiée, cela ne leur posa aucun problème et leur donna le beau rôle. Au printemps, l'arrière du front s'est couvert de troupeaux par trop tentants pour les "indigènes" nourris depuis plusieurs mois de rations K et C. Le général intendant Monginoux déclara que le soldat français ne comprenait pas qu'on l'empêche d'améliorer son bien-être par l'exploitation rationnelle des ressources locales. Il sait aussi que ses camarades US et GB reçoivent de la viande dont lui ne bénéficie pas.
A partir du 1er juin, l'AMGOT a autorisé le prélèvement de 50.000 ovins sur le cheptel italien. A titre de comparaison, les Allemands en ont ponctionné 1,5 millions. Les vols ont grandement diminué, même si les tirailleurs ont continué a faire quelques méchouis avec des moutons passant aux alentours.

Des objets ont également été subtilisés: des montres, des couvertures, de la vaisselle, de la farine, du fromage, des matelas et de l'argent pris dans des maisons abandonnées.
Plus grave que le bétail ou les larcins, les Français se sont vu accuser par les Américains d'organiser le pillage de l'Italie. Le Palazzo Vidoni à Rome était parait-il devenu une sorte de centrale d'achats dirigée par des officiers, où se négociaient voitures, meubles et multiples objets. L'accusation peut s'expliquer par une différence fondamentale de fonctionnement entre les troupes françaises et alliées. Contrairement aux Américains, l'armée française a en effet pour habitude de "vivre sur le pays", en achetant sur place divers équipements et matériels. Mais il y a loin du pillage organisé qu'ont dénoncé les Américains et de toute façon, comme ces derniers avaient le contrôle des mers, il leur aurait été facile de démasquer et faire cesser pareil trafic dès l'embarquement des troupes françaises dans l'un des ports italiens.

Les viols.
Outre le Vatican (informé par les curés de village), les autorités alliées n'ont pas perdu une occasion de rapporter des cas de viols qu'elles ne se sont guère embarrassées d'attribuer, sans distinction, aux Marocains (alors que les auteurs de ces crimes restèrent inconnus). Un officier de renseignement britannique n'a pas hésité à écrire, le 28 mai 44 que lorsque les troupes coloniales françaises s'emparent d'un village, on peut s'attendre à un viol collectif. Les militaires italiens ne sont pas non plus en reste pour accuser les troupes françaises. Enfin, des Français eux-mêmes sont témoins de telles exactions. La gendarmerie du CEF a en effet établi de nombreux rapports sur des cas de pillages, de vols et de violences, commis sur des civils italiens.

Voilà pour ce qui est reproché aux troupes Marocaines. Quelles sont les parts de la réalité, du mensonge voire de l'affabulation? Le député italien Covelli parlera en 1966 de 60.000 viols dans la province de Cassino. Il désignera pour responsables directs Juin et Monsabert qui ont, selon lui, donné quartier libre et "carte blanche" pendant 2 jours à leurs soldats. Cette très lourde accusation n'est soutenue par aucune archive française.

Juin a fait preuve d'une inflexible fermeté, avec de nombreuses condamnations. Tout flagrant délit est immédiatement puni de la peine de mort (fusillé dans les 24 heures ou envoyé vers les lignes ennemies avec un fusil sans culasse).
Mais les chiffres de ces condamnations restent sans commune mesure avec les chiffres avancés par les Italiens. Pourquoi ?

Les Marocains , sorte de "coupables passe-partout", sont loin d'avoir été les auteurs de toutes les atrocités de cette campagne. Certains journalistes GB ont reconnu que les seuls incidents dont ils se souviennent n'impliquèrent pas des Marocains, mais des GI's. D'autres parlent de la passion pour la "chasse aux souvenirs" des américains en Sicile. Des bandes organisées de réfugiés commettent également des pillages et revendaient leur butin aux Alliés, avec la complicité des carabiniers qui n'interviennent jamais.

Une enquête de 1946 constatera que le gouvernement italien versait 15.000 lires au plaignant à chaque dépôt de plainte, ce qui pu encourager certaines dérives.
De son côté, le Saint Siège était probablement effrayé par l'afflux de tant de troupes musulmanes sur son sol. Selon le général Guillaume, la campagne de dénigrement est probablement née dans les milieux diplomatiques de l'Axe, demeurés en poste au Vatican.
Le Reich avait également tout intérêt a diffuser les pires rumeurs sur le CEF. Tous les prisonniers allemands se sont déclarés surpris du bon traitement accordé par les Français après tout ce que leurs chefs leur avaient dit sur la cruauté des Alliés.
En mettant au pilori les Marocains, les Allemands ont réussi aussi a leur faire endosser la responsabilité d'une partie de leurs propres crimes. De nombreux villages ont été massacrés par des éléments de la Wehrmacht.
Pour les Italiens, faire passer les nouveaux conquérants pour les pires démons permet sans doute d'effacer une part de l'humiliation nationale et de la déchéance du fascisme.

Enfin le général Guillaume tenta d'expliquer ces actes selon lui inévitables dans une guerre. Il s'agissait selon lui de faits imputables aux hommes des services, recrutés dans les bas-fonds et non pas aux combattants de 1ere ligne. Le père Segrétain remarqua que les Marocains étaient généralement de bon bougres pris dans un engrenage. L'encadrement français en Afrique du Nord avait peut-être affiché, avant de partir, un trop grand mépris pour les troupes italiennes, mépris qui s'est étendu vers la population civile. Il est bon de rappeler que le tirailleur musulman n'a pas le droit de boire pour oublier les épreuves inimaginables qu'il a à endurer quotidiennement. Et au début de la campagne, des femmes vendaient leur corps pour quelques lires ou un peu de nourriture. A la fin, nous avons vu, durant nos semaines de repos, des italiennes vivre maritalement avec nos tirailleurs, qui s'étaient rebaptisés de noms européens.

Ne peut-on expliquer enfin, sans être taxé de xénophobie ou de colonialisme, qu'en 1944, une section type de nord-Africains est composée de blédards aux mœurs très frustres, profondément imprégnés d'habitudes tribales qui n'accordent que peu de compassion au prisonnier, au villageois conquis? Les faits qui leur sont reprochés sont bien le fait d'une hérédité et d'une coutume.

Que les regrettables exactions avérées, débarrassées des élucubrations de ceux qui ont voulu faire porter aux Marocains le chapeau de leurs propres turpitudes, ne fassent toutefois jamais oublier que ce même idéal guerrier les fera libérer la France et conquérir le Reich."


J.C. NOTIN. "La campagne d'Italie, les victoires oubliées de la France".

Frédérique

*** / ***

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