Moulin se sachant identifié depuis Pâques (il le dit à sa sœur et l'écrit à De Gaulle), ne mettait plus les pieds place Raspail.
Antoinette Sachs et Laure Moulin ont constaté quelques temps après le jour de son arrestation que sa chambre était vide sauf un paletot.
La place Raspail fut perquisitionnée dès l'après-midi du 21, ce qui fiche par terre toute la légende selon laquelle les Allemands ne l'ont identifié qu'au bout de 2 ou 3 jours, et ce qui prouve aussi que Moulin était connu, repéré et logé depuis au moins 2 mois.
Ce qui est extraordinaire dans cette histoire de Jean Moulin, les grands témoins ( ceux pour qui l’aventure s’est terminée par la déportation ) et les autres n’ont jamais raconté la même version des faits.
Pour nous le "débriefing" de De Graaff à Londres a une certaine valeur.
C’est pourquoi, Cordier n‘a pas pu l’apercevoir le 14 juin 1943, 2 boulevard Raspail à Lyon.
Je me trouvais, il y a quelques jours à Lyon et je me suis mêlé à un groupe où une historienne expliquait une des nombreuses planques de Jean Moulin ( place des Capucins ). Elle a terminé son exposé par « vous savez que l’on est en train de réviser la notion de « Hardy coupable »….
