Pines au cul - Le sec et l'humide - forum "Livres de guerre"
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Le sec et l'humide / Jonathan Littell

En réponse à
-1le sec et l'humide de Littell de 13emeDBLE

Pines au cul de Auteur anonymé le mardi 06 mai 2008 à 17h13

Le Sec et l'humide, "une très fine analyse, innovante" de la pensée fasciste ? J'ai des doutes.

Pour écrire ce livre, Littell a utilisé La Campagne de Russie, un texte autobiographique de Léon ­Degrelle (Degrelle aurait inspiré le Max Aue des Bienveillantes, SS d'opérette homo-maso-scato-incestueux et j'en passe) analysé à partir des élucubrations d'un certain Klaus Theweleit dans un livre paru en 1977, Männerphantasien (Fantasmes ­mâles), ouvrage dans lequel Theweleit tente de définir la structure mentale du fasciste.

Le problème est que Littell n'a pas travaillé avec la version originale du texte de Degrelle (1942), ni avec la deuxième (1949), ni la troisième (1969) mais avec celle publiée en 1987, après plusieurs modifications du texte initial par des tiers. Les "délires de Degrelle" ne sont donc pas vraiment les délires de Degrelle. Mais bon...

Un extrait :

«Le fascisme est un mode de production de réalité (...) pas une question de forme de gouvernement ou de forme d'économie, ou d'un système quel qu'il soit», écrit Klaus Theweleit dans son grand livre de 1977, «Männerphantasien». Theweleit, le premier peut-être, a voulu prendre les fascistes au mot. [...] Le «fasciste» ou «mâle-soldat» (soldatischer Mann), pour Theweleit, ne peut pas être compris en termes de psychanalyse freudienne, il doit être approché par le biais de la psychanalyse de l'enfance (Melanie Klein, Margaret Mahler) et de la psychose (Michael Balint et d'autres), ainsi que de concepts hérités de Deleuze et Guattari. Le modèle freudien du Ça, du Moi et du Surmoi, et donc de l'Œdipe, ne peut pas lui être appliqué, car le fasciste, en fait, n'a jamais achevé sa séparation d'avec la mère, et ne s'est jamais constitué un Moi au sens freudien du terme. Le fasciste est le «pas-encore-complétement-né». Or ce n'est pas un psychopathe; il a effectué une séparation partielle, il est socialisé, il parle, il écrit, il agit dans le monde, de manière hélas souvent efficace, il prend même parfois le pouvoir. Pour y parvenir, il s'est construit ou fait construire - par le truchement de la discipline, du dressage, d'exercices physiques - un Moi extériorisé qui prend la forme d'une «carapace», d'une «armure musculaire». Celle-ci maintient à l'intérieur, là où le fasciste n'a pas accès, toutes ses pulsions, ses fonctions désirantes absolument informes car incapables d'objectivation. Mais ce Moi-carapace n'est jamais tout à fait hermétique, il est même fragile; il ne tient réellement que grâce à des soutiens extérieurs: l'école, l'armée, voire la prison. En période de crise, il se morcelle, et le fasciste risque alors d'être débordé par ses productions désirantes incontrôlables, la «dissolution des limites personnelles». Pour survivre, il extériorise ce qui le menace de l'intérieur, et tous les dangers prennent alors pour lui deux formes, intimement liées entre elles: celle du féminin et celle du liquide, de «tout ce qui coule». Comme le fasciste ne peut pas entièrement anéantir la femme (il en a besoin pour se reproduire), il la scinde en deux figures: l'Infirmière (ou la Châtelaine) blanche, vierge bien sûr, qui généralement meurt ou en tout cas se pétrifie, à moins que le fasciste ne l'épouse, auquel cas elle disparaît purement et simplement du texte; et l'Infirmière (ou la Prostituée) rouge, que le fasciste, afin de maintenir son Moi, tue, de préférence en l'écrasant à coups de crosse et la transformant en bouillie sanglante. Quant à la menace du liquide, le fasciste peut soit la projeter sur le bolchevisme, auquel cas elle revient sous la forme de la Marée rouge, contre laquelle il érige la digue de ses armes et de son corps (dur), soit la dompter, en faisant par exemple couler la foule dans le canal rigide de la parade national-socialiste. [...]

Pour faire simple : le fasciste (et au delà le mâle-soldat comme le Tchétchène Bassaïev ou le MP américain d'Abou Ghraïb selon Littell) est un sous-homme qui méprise les femmes, qui n'a pas dépassé le stade de l'enfance, pour qui les nuances n'existent pas etc...

Qu'y a-t-il d' "innovant" dans tout cela ?

Rien. D'ailleurs Littell tourne vite en rond et en est réduit à ça :

"...peut-être ne lui manquait-il justement, pour devenir un être humain, qu'un bon coup de pine au cul"

En fait, le livre ne fait que confirmer ce que l'on savait déjà, à savoir qu'il y a rien de commun entre Degrelle et Maximilien Aue et qu'il y a bien plus de Littell et de ses propres fantasmes que de Degrelle dans le Max Aue des Bienveillantes.

A ce propos, l'ouvrage Les Malveillantes (ed. Scali) est fort instructif. Il relève les erreurs historiques du roman de Littell, son "rewriting" et souligne la dimension autobiographique de l'ouvrage. On y apprend également que Littell a été enlevé par des Tchétchènes. Sans précision du nombre de pines au cul...

*** / ***

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