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La description du livre

Présumé Jean Moulin / Jacques Baynac

En réponse à -21* -20 -19 -18 -17* -16 -15 -14 -13 -12* -11 -10* -9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1Dernière contribution de Jacques Baynac

The last King of Caluire de Nicolas Bernard le samedi 10 mars 2007 à 16h36

> 1° - A propos du débriefing d'Aubrac par les Britanniques
> et que vous m'opposez, vous négligez volontairement le
> fait que nous ne disposon que d'un Résumé, et que ni vous,
> ni moi, qui ai découvert ce document, ne savons ce que
> contient le débriefing complet, infiniment plus long -
> c'est établi dans le débriefing de Lucie Aubrac où le
> rédacteur parle du 118e paragraphe (cité dans PJM, note 1,
> p. 856). Peut-être le document complet ne dit-il pas ce
> qu'Aubrac a dit à Laure Moulin, à savoir que Moulin fut
> immédiatement identifié par Barbie. Mais peut-être que si.
> Quelle raison aurions-nous de ne pas croire Laure Moulin,
> jamais prise en défaut, elle ?

Laure Moulin... Attendez, n'est-ce pas elle qui prétend que René Hardy a trahi ? Alors, oui, je vous pose la question : quelle raison aurions-nous de ne pas la croire ?

S'agissant de l'affirmation d'Aubrac relayée par Laure Moulin, il reste qu'elle a pu commettre une erreur, car jamais, à ma connaissance, Aubrac n'a formulé une telle affirmation, ni avant, ni après. D'où les doutes de F.D. D'où les miens.

Mais pas les vôtres. Vous retenez un peu ce que vous voulez de Laure Moulin et Raymond Aubrac, là, non ?



> 2°- Que Barbie ait menti dans ses interrogatoires de 48,
> c'est évident. Mais a-t-il menti sur tout et tout le
> temps? Non.

En somme, il ment lorsque ses propos contredisent votre thèse, et il dit la vérité lorsqu'ils l'étayent, c'est ça ? OK, j'exagère. Nombre d'affirmations de Barbie ne résistent effectivement pas à l'analyse. Mais vous avez tout de même tendance à retenir de ses témoignages ce qui vous arrange, comme dans le cas présent, ce qui me laisse perplexe.

Qu'on en juge. Vous écrivez :

> Le certain est qu'il a désinformé ses
> supérieurs parisiens à propos de Moulin, leur cachant
> qu'il le détenait depuis le 21. Mais en 1948, quel intérêt
> avait-il à mentir sur ce point ?

Dans PJM, vous mentionnez simplement ce propos de Barbie : "Jean Moulin a été identifié immédiatement." (p. 857)

Or, si je me réfère à la source citée, c'est à dire son interrogatoire de 1948, je tombe sur ce passage : "Les arrestations de Caluire ont été portées à la connaissance du BDS Paris par un ferschreiben le jour même comme c'était de règle et par un rapport détaillé les jours suivants. [...] Le télégramme au BDS Paris annonçant le succès de l'opération Caluire portait bien le nom de MOULIN Jean alias MAX. Jean MOULIN a été identifié immédiatement. Je ne peux pas préciser en ce qui concerne ERMELIN [alias Aubrac, NDLR]. Je n'ai pas procédé à son interrogatoire. J'ajoute encore que HARDY nous a donné les identités exactes des personnes se trouvant à la réunion de Caluire."

Vous avez joliment isolé de son contexte la phrase de Barbie. Or, ses autres affirmations sont disqualifiées par vous, notamment la mention de l'envoi d'un rapport dès le 21 juin (PJM, p. 858), à propos duquel votre réfutation s'appuie sur l'"erreur" du rapport Kaltenbrunner (voir mon message ci-dessus).

Et voilà que vous reprenez à votre compte, sans l'ombre d'un commentaire, une phrase de Barbie sélectionnée au milieu d'un paragraphe dont vous rejetez d'ailleurs les autres éléments.

Barbie mentionne bel et bien que son télégramme du 21 juin mentionne Moulin, parce que Moulin a été identifié immédiatement. Problème : vous niez qu'il ait envoyé un tel télégramme. Ce qui ne vous empêche pas de reprendre discrètement le fondement de son affirmation à l'appui de votre thèse.

C'est bien la preuve que vous retenez de ce témoignage de 1948 ce qui vous arrange.

Quant à savoir pourquoi Barbie mentirait, je vous réponds par la question suivante : est-il prouvé qu'il ment ? Il peut très bien commettre une erreur de mémoire. Il est absolument impossible en effet qu'il ait intégré le nom de "Max" ou de Moulin dans son rapport préliminaire - auquel cas le rapport Kaltenbrunner en ferait mention.

C'est pourquoi vous êtes, sur ce point comme tant d'autre, tout sauf convaincant.



> 3° - Pourquoi douter d'A. Sachs rapportant le propos de
> Dugoujon, disat, lui aussi que Moulin avait été "interrogé
> de suite" ? Les vérifications que j'ai pu faire sur
> l'enquête d'Antoinette Sachs à Lyon à l'automne 44,
> vérifications pas toutes rapportées dans PJM, ont toutes
> été positives et m'ont prouvé qu'elle ne mentait pas.
> D'ailleurs, êtes-vous bien certain que Dugoujon n'a jamais
> confirmé ...?

Antoinette Sachs a pu mal comprendre. Ou Dugoujon s'est effectivement trompé. Dans un autre témoignage en effet, il date du 23 juin le premier interrogatoire de Moulin (cf. Paul Dreyfus, Le guet-apens de Caluire, Stock, 1999, p. 174). Si vraiment Barbie savait que "Max" était Moulin, il l'aurait interrogé immédiatement. Or, tel n'est pas le cas, puisqu'il va s'acharner pendant deux jours sur André Lassagne et Henri Aubry pour les faire parler.

D'ailleurs, pourquoi accordez-vous foi sur ce point (très faible) à Dugoujon, alors que ce même Dugoujon, qui connaissait très bien Caluire, a exprimé de sévère doutes, sinon davantage, quant à l'authenticité de l'évasion de René Hardy ? Là encore, vous retenez ce qui vous arrange de ce témoignage.



> 4°- Contrairement à ce que vous alléguez, la visite
> d'Antoinette Sachs rue Renan ne date pas de plusieurs
> années après, mais du 4 novembre 44, soit 16 mois. Et elle
> dit bien avoir vu "tout le monde" dans l'immeuble. Quant à
> votre hypothèse selon laquelle un policier en civil a pu
> venir constater "rapidement" que le nom de Martel ne
> figurait pas sur les boîtes à lettres de l'immeuble, rien
> ne vous autorise à la faire. Il est d'ailleurs absurde
> d'imaginer que les Allemands se soient contentés de ce
> genre de vérification superficielle s'ils croyaient tant
> soit peu que le Jacques Martel qu'ils avaient pris était
> bien Jacques Martel. Du reste, qu'est-ce qui vous dit que
> le nom de Jacques Martel ne figurait pas sur l'une des
> boîtes du 17, rue Renan ? Moi, je ne sais pas, mais
> j'inclinerai plutôt à croire le contraire. Il est évident
> que, pour un clandestin opérant à Lyon, rien ne pouvait
> être plus dangereux que d'utiliser une carte d'identité
> portant cette adresse car c'était précisément se mettre à
> la merci d'une vérification rapide et aisée, comme celle
> que vous venez d'imaginer, et donc se faire prendre si le
> nom n'y était pas. Moulin n'était pas du genre à négliger
> ce genre de détail, tout le monde parle des précautions
> qu'il prenait toujours, ce qu'il a encore prouvé en allant
> chez Dugoujon avec un certificat médical.
> 5°- A. Sachs n'a pas rendu visite à "une voisine" de
> Moulin, ainsi que vous l'écrivez. Dès le premier jour de
> son arrivée à Lyon, le 15 septembre 1944, elle a rendu une
> première visite à la logeuse de Moulin, au 2 pl. Raspail,
> Mme Labonne, qui vivait dans le même appartement. Il ne
> s'agit donc pas d'un témoignage indirect, comme vous
> l'affirmez. Il n'est pas non plus trop tardif pour être
> tout à fait crédible, comme vous le sous-entendez. Toutes
> les "déformations" auxquelles vous vous livrez ici n'ont
> qu'un seul but : invalider un témoignage génant.

Mais aucun de ces témoins ne fournit de date précise quant à ladite perquisition que vous établissez dans l'après-midi du 21 juin 1943...



> 6° - Si A. Sachs et Laure Moulin ne disent en effet pas à
> quelle date eut lieu la perquisition 2, pl. Raspail, De
> Graaff, lui, la donne, très précisément : ce fut dans
> l'après-midi du 21 juin. Et il s'agit bien du 2 pl.
> Raspail, Moulin n'ayant à cette époque aucun autre
> logement à Lyon que cette chambre, qu'il évitait depuis 2
> mois, et l'appartement de De Graaff qu'il utilisait et
> qui, lui, n'a jamais été perquisitionné.

Vous faites remarquer qu'il arrive à De Graaf de commettre des erreurs de datation (PJM, p. 781).

Votre preuve n'en est pas une. J'appelle ça une erreur de mémoire. Ca arrive.

Là encore, vous retenez d'un témoignage ce qu'il vous plaît.

Et ça commence à faire beaucoup.



> Au total, vous qualifiez ma moisson de "maigre". Elle
> l'est en tout cas moins que la vôtre, qui en est réduite
> au rassassement d'arguties éculées, à des arrangements
> avec les faits nouveaux exposés dans PJM, et à des
> hypothèses gratuites, contraires au faits connus, pour
> sauver le rapport Kaltenbrunner du 29 juin 1943,
> c'est-à-dire le pilier sans lequel s'écroule la thèse de
> la culpabilité de Hardy.

Ah, non ! Le rapport Kaltenbrunner est une preuve parmi d'autres. Et étudier la globalité des éléments du dossier ne peut qu'également amener à conclure à la culpabilité de René Hardy.



> Vous voulez absolument que je tienne à critiquer le
> rapport Kaltenbrunner pour innocenter Hardy,

Attendu que vous écrivez plus haut que ce document est un "pilier" de la thèse de la culpabilité, une telle critique m'apparaît, de votre part et au regard de votre propre thèse, nécessaire, non ?



> mais je
> constate que vous tenez encore plus à refuser qu'il soit
> critiqué pour condamner Hardy. Mais pourquoi, diable,
> tenez-vous donc tant à ce qu'il y ait un traître ?

En ce qui me concerne, je ne tiens pas à ce qu'il y ait un traître, je constate qu'il y en a un. C'est bête et triste, d'autant que j'ai cru Hardy innocent (à une époque lointaine, il est vrai, celle où je ne m'étais pas encore engagé sur cette affaire, tout seul dans mon coin), mais c'est, à mon sens, un fait.

Cela dit, je puis encore changer d'avis, mais votre démarche ne m'incline guère à réviser mon opinion.



> Quant à moi, je vais vous dire, j'ai commencé avec la même
> idée préconcue, mais onze ans de travail sans lever la
> tête du guidon m'ont permis d'établir des faits qui m'ont
> prouvé que j'avais tort.

En ce qui concerne, c'est l'inverse : j'ai commencé à bosser ce dossier en partant de l'idée que René Hardy était innocent, et qu'au fond ce qui s'était passé consistait exactement ou presque à l'exposé de votre thèse dans PJM, mais onze ans de travail sans lever la tête du guidon m'ont permis d'établir des faits qui m'ont prouvé que j'avais tort.


> Je vais même vous en dire un peu plus : je n'aimais pas
> Hardy au début, et je ne l'aime toujours pas. Pas du tout,
> même.

En ce qui me concerne, j'éprouve un certain respect pour les exploits passés du personnage, et de l'admiration pour son engagement résistant. Le reste, à partir de son arrestation, ne suscite, de ma part, que de la pitié. Cet homme courageux a failli (par faiblesse ? par amour ?), et ne s'en est jamais remis. Le héros du réseau FER restera dans l'Histoire comme le suspect, ou le traître, de Caluire. Le dernier Roi du royaume pourri de Caluire.



> Seulement, il y a un hic : on lui a pourri la vie
> alors qu'il n'était pour rien dans l'affaire de Caluire.

C'est vrai, on lui a pourri la vie... Oh, bien sûr, il a été soutenu par ses potes, et il a été acquitté par deux fois, ce qui constitue vraiment un grand malheur, à tout le moins. Ce d'autant que de grandes maisons d'édition l'ont laissé publier ses mémoires plus ou moins frauduleux, ce qui est franchement tragique. D'autant qu'il s'est lui aussi laissé à aller à l'accusation facile (voir ses Derniers mots, Fayard, 1984).

Et puis faut dire qu'il l'a un peu cherché : à multiplier les mensonges et à dissimuler la vérité, comment lui accorder foi quand il proclame son innocence ? Laquelle est démentie par les faits.

Non, vraiment, Hardy, c'est Dreyfus ! ;-)



> Il est innocent. Et moi, je suis toujours du côté des
> innocents. Quoi qu'il m'en coûte. La différence entre nous
> est que vous voulez qu'il y ait un coupable pour que
> d'autres soient innocents. Etes-vous sûr que ce soit
> nécessaire ? Doutez-vous tellement ?

Belle profession de foi, mais vos hypothèses, qui m'évoquent plutôt le terme d'"insinuations", à l'encontre des Résistants Larat et Aubry m'incitent à en douter quelque peu.

Sacré innocent que ce René Hardy, tout de même... Il ment sur tout, ou presque, et demande ensuite à être cru sur parole. Il produit un faux témoin (Roger Bossé) pour réfuter celle qui l'accuse (Edmée Delettraz). Les rapports allemands le désignent comme le traître, mais il faut les rejeter ! A titre personnel, je n'ai jamais vu un innocent se défendre ainsi, et être ainsi accablé par autant de preuves du contraire. Et je ne parle pas de ses deux évasions...



> C'était ma dernière contribution au Forum de Livres de
> guerre. Merci de m'avoir accueilli quelques jours.

Dommage. Sachez que je regrette votre départ. Et que je ne le comprends pas.

*** / ***

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