Il est certain que "tout dire" reste un exercice périlleux. Par ailleurs, être "trop" complet risque souvent de nuire à la compréhension des faits que l'on étudie et cela est encore plus vrai lorsque l'on enseigne à des adolescents ou de jeunes adultes. Ils ont déjà du mal à comprendre, par exemple, que la France soit considérée comme vainqueur de la 2ème guerre mondiale après avoir été écrasée en 1940! Personnellement je ne peux m'êmpêcher certaines digressions (au détriment de la progression annuelle...) quand je le juge opportun: la crasse de Louis XIV et consorts ne leur est pas inconnue, mais tout autant que la vaillance de nombreux soldats français de la terrible fin de printemps 1940, qui n'apparaît, soit dit en passant, nulle part sur les manuels scolaires. Leur rappeler que le crime de guerre, sans entrer dans les détails, est le lot de toutes les armées sans exception, ne prend qu'une poignée de secondes. Mais je dois avouer que les élèves avec lesquels je prépare chaque année, avec l'aide de l'Association Rhin et Danube de Nice, le concours du même nom (ainsi que le concours national de la Résistance) sont surpris du langage tenu par un ancien combattant du CEFI et de la 1ère Armée (un pied-noir) qui vient répondre à leurs questions lorsque ce dernier évoque les soldats allemands (les questions qui reviennent sont: avez-vous tué des Allemands et que ressentiez-vous à l'égard des Allemands). Il fait l'éloge de leurs qualités guerrières et ne parle "d'aucune haine". Les jeunes semblent avoir du mal à comprendre qu'on ne puisse ressentir de haine à l'égard des soldats nazis. Etant donné qu'on leur présente généralement le conflit comme une lutte à mort entre les démocraties (aidées d'un totalitarisme)et les fascismes, ce langage les déconcerte, tout comme la vérité semble déconcerter la majorité des gens alors que, souvent, on la devine. Ca me fait un peu penser à "cachez ce sein que je ne saurai voir!". |