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Edition du 28 février 2010 à 12h38

Pétain - Trahison ou sacrifice ? / Michel Boisbouvier

En réponse à -18 -17 -16 -15 -14 -13 -12 -11 -10 -9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1Tout faux ! de Boisbouvier

L'histoire des années quarante revue et corrigée par Michel Boisbouvier de Nicolas Bernard le dimanche 28 février 2010 à 11h48

> 1/ Loin d'indiquer les moyens de défense à Hitler, Vichy
> encouragera des caches d'armes importantes en zone libre
> et la formation d'une armée secrète. Ce sera la première
> et la seule forme de résistance à ce moment-là.

Foutaises - outre que je causais surtout de la Flotte, qui ne servira jamais contre l'Axe. La convention d'armistice obligeait la livraison du matériel militaire (nos camions vont d'ailleurs compléter les effectifs de la Wehrmacht à l'Est), et la Milice sera d'ailleurs armée à partir de ces stocks. Quant à la petite armée d'armistice, elle sera démantelée sans tirer un coup de feu en novembre 1942 (voir Eddy Florentin, L'invasion de la zone libre. 11 novembre 1942, Perrin, 2000), peu après que l'armée d'Afrique aura initialement affronté les Anglo-Américains (cf. infra)...




> 2/ Dakar en 40 et la Syrie en 41 vous donnent raison en
> apparence, mais qui était l'agresseur ? L'Angleterre ne
> se présentait pas comme une police qui vient libérer des
> prisonniers puisque, des Allemands, il n'y en avait ni à
> Dakar, ni en Syrie.
> Par contre, il y en avait en France et Vichy n' a pas
> fait obstacle à la venue des alliés en juin 44 ou en août
> 44 que je sache.

Je ne pensais ni à Dakar, ni à la Syrie, ni même à 1944 - sur ces points, voir l'excellente réponse de Francis Deleu, mais à l'invasion de l'Union soviétique, qui se traduit par une rupture des relations diplomatiques avec Moscou (l'ambassadeur Bogomolov recevant l'ordre de plier bagages le 30 juin 1941) sous prétexte d'espionnage (il était temps de s'en rendre compte !), par l'arrestation de 250 Russes de toutes origines (communistes ou non), par l'accentuation de la répression anticommuniste pour aider les Allemands à maintenir l'ordre sur leurs arrières à l'Ouest, par l'envoi d'une petite et médiocre formation militaire, la L.V.F., sur le Front de l'Est, à qui Pétain écrira : "A la veille de nos prochains combats, je suis heureux de savoir que vous n'oubliez pas que vous détenez une part de notre honneur militaire" - voir sur ces points Marc Ferro, Pétain, Hachette, coll. Pluriel, 1993, p. 326-332, et sur les aspects répressifs, Hervé Villeré, L'Affaire de la Section Spéciale, Fayard, 1973.




> 3/Les cambrioleurs étant les seuls armés ne demandèrent
> aucune autorisation aux cambriolés pour abattre l'une des
> familles de l'immeuble. Cette famille ne fut détruite
> qu'au quart grâce à l'intervention de Vichy alors qu'elle
> était entièrement promise à la mort dans le délai d'un an
> seulement, à partir de juin 42. Lisez Laurent Joly. Au
> lieu de cela un quart seulement en deux ans et plus !

Foutaises déjà réfutées (lire l'article et voir les liens correspondants).




> 4/ Non ! les biens aryanisés une fois vendus furent
> déposés à la Caisse des dépôts et consignations. Il n'y
> eut pas d'appropriation de ces biens par le gouvernement.

Une telle "excuse" - d'ailleurs inexacte - est proprement stupéfiante. C'est bel et bien l'Etat français qui a spolié les Juifs, un processus initié par les Allemands et appliqué avec un bel enthousiasme en zone occupée comme en zone "libre". Si la majorité des biens ou des capitaux ainsi acquis par expropriation ne l'ont pas été directement par l'Etat, il n'en demeure pas moins que le Commissariat général aux Questions juives s'est efforcé de les revendre aux "bons Français" pour que le régime s'attire les bonnes grâces de l'opinion, outre que les procédures de liquidation des "entreprises juives" ont permis de ruiner leurs propriétaires sans le versement d'un sou d'indemnité. Le but essentiel était d'éliminer la pseudo-"influence juive" de la vie économique et sociale, dans le cadre de l'exclusion des Juifs français et étrangers de la société. Sur la politique de spoliation, ou d'aryanisation, voir Laurent Joly, Vichy dans la Solution finale. Histoire du Commissariat général aux Questions juives 1941-1944, Grasset, 2006, p. 596-620 et Jean-Marc Dreyfus, "Le pillage des biens juifs dans l'Europe occidentale occupée : Belgique, France et Pays-Bas", in Spoliations et restitutions des biens juifs. Europe XXème siècle, Autrement, 2007, p. 75-97 ; sur le cas de la région lyonnaise, Laurent Douzou, Voler les Juifs. Lyon 1940-1944, Hachettes Littératures, 2002 ; sur un aspect spécifique de l'aryanisation, celui du milieu bancaire, voir Jean-Marc Dreyfus, Pillages sur ordonnances. Aryanisation et restitution des banques en France 1940-1953, Fayard, 2003. Le rapport Mattéoli est également accessible en ligne.

De sorte, écrit Laurent Joly (C.G.Q.J., p. 619), qu'à la Libération, "l'élimination des Juifs de la vie économique et sociale est pratiquement arrivée à son terme. Entre 47.000 et 50.000 procédures d'aryanisation ont été engagées en métropole entraînant, du jour au lendemain, la dépossession de plusieurs dizaines de milliers de personnes. De surcroît, plus de 2.000 personnes exerçant une profession libérale, avocats, médecins, dentistes, etc., se sont vus interdire d'exercer et, parfois, ont été spoliés, également plus de 2.000 Juifs ont été éliminés des professions libres, plus de 500 fonctionnaires ou agents de l'Etat (qui sont venus s'ajouter aux 3.000 révoqués de l'automne 1940) ont été mis au chômage - soit un minimum de 4.500 personnes touchées par la loi du 2 juin 1941 et les autres textes qui sont venus la compléter -, entre 500 et 1.000 étudiants ont été bloqués dans leurs études, plus de 18.500 élèves ont été renvoyés de leur école en Algérie."




> 5/ Non! Il réprime les mouvements de révolte inconsidérés
> des cambriolés lorsque ceux-ci compromettent les chances
> de la négociation entreprise par le mandataire des
> cambriolés.

Foutaises déjà réfutées - voir également, sur la Milice, cet article et celui-là.




> 6/Le cambrioleur, là aussi, n'a besoin d'aucune
> autorisation des cambriolés pour s'emparer de ce dont il
> a envie. C'est d'ailleurs son métier que de le faire.

O.K. Vous venez donc de faire voler en éclats la théorie de "Vichy-bouclier". Je ne vous en demandais pas tant. Sur le pillage de la France par le Reich, voir Eberhard Jäckel, La France dans l'Europe de Hitler, Fayard, 1968, ainsi que Alan Milward, The New Order and the French Economy, Oxford University Press, 1970, et Fabrizio Calvi & Marc J. Masurovsky, Le festin du Reich. Le pillage de la France occupée 1940-1945, Fayard, 2006.




> 7/ Faux. Le mandataire a entretenu des rapports courtois
> (Leahy)et secrets (Rougier, Chevallier, Weygand) avec la
> police en vue de la libération des cambriolés.

Les rapports "courtois" avec les Etats-Unis sont à replacer dans leur contexte. Les Américains tiennent à surveiller Vichy parce qu'ils redoutent une alliance germano-française, ou une satellisation de la France qui aboutirait notamment à la livraison de la Flotte à l'Allemagne. Vichy, de son côté, tient à consolider sa légitimité politique d'une part, et à court-circuiter les Britanniques en négociant des accords commerciaux avec Washington d'autre part. Malgré des rapports amicaux de façade entre l'ambassadeur américain Leahy et le Maréchal, les relations diplomatiques franco-américaines vont se dégrader progressivement, au fur et à mesure de l'implication collaboratrice de l'Etat français. La rupture sera consommée lors du débarquement anglo-saxon en Afrique du Nord, perçu par Vichy comme une atteinte à sa souveraineté. Voir sur l'ensemble de ces points William L. Langer, Le jeu américain à Vichy, Plon, 1948 ; Amiral William D. Leahy, J'étais là, Plon, 1950, p. 8-173 ; Arthur L. Funk, The politics of Torch, University Press of Kansas, 1974 ; Bernard Costagliola, La Marine de Vichy. Blocus et collaboration, Tallandier, 2009.

Quant aux négociations franco-britanniques, l'ex-anonyme recycle des foutaises réfutées depuis belle lurette.




> 8/Faux. Les télégrammes secrets envoyés à Alger par
> Pétain ont été montrés à Noguès, Esteva et Boisson pour
> faire cesser le feu contre les Américains.

N'importe quoi. Pétain tenait d'abord à ce que l'armée résiste aux Américains, ce qui a été le cas. Dans le même temps, le gouvernement a également fini par céder progressivement aux demandes allemandes tendant à installer une tête de pont militaire en Tunisie. Lorsque l'amiral Darlan prend sur lui, le 10 novembre, et devant la dégradation de la situation militaire en Algérie et au Maroc, d'ordonner la suspension des hostilités de manière à sauver l'administration vichyste, Pétain le rabroue : "J'avais donné l'ordre de se défendre contre l'agresseur : je maintiens cet ordre". Mais Darlan se constitue prisonnier et négocie avec les Américains. Pétain le remplace par le général Noguès en l'interdisant toute espèce de négociation avec les libérateurs.

En pratique, l'idée d'une négociation s'impose de plus en plus à Darlan et Noguès, au grand dam de Vichy qui s'inquiète d'une mauvaise réaction allemande (au même moment, Laval parlemente avec Hitler pour monnayer une intervention nazie, mais cède sur tous les points au Führer, qui pousse le vice jusqu'à faire occuper la zone "libre"). Le 12 novembre, Noguès annonce à Vichy que lui et Darlan sont parvenus à un accord avec les Américains censé maintenir "l'armature militaire, politique et administrative actuelle" et écartant du jeu le général Giraud (le dissident chouchouté par les Américains en lieu et place de De Gaulle) "qui se faisait fort d'aller chasser l'Allemand de Tunisie" : il est en ce sens capital de redonner tous pouvoirs à Darlan pour préserver cet acquis. Réponse de Pétain : "Accord intime du Maréchal et du Président [Laval] mais décision officielle soumise autorités occupantes". Bref, ce à quoi Pétain donne son "accord intime", qui reste suspendu à une décision allemande, c'est au maintien en place du pouvoir vichyste en Afrique du Nord, et c'est à la neutralisation du Maroc et de l'Algérie, de manière à empêcher les Alliés et les troupes françaises de marcher sur la Tunisie qui vient d'être "cédée" aux Allemands. Sur tous ces éléments, voir Pierre Dhers, Nouveaux regards sur les années quarante, Flammarion, 1958, p. 97-199.




> 9/Même pas. Pétain a effectivement eu une politique de
> double jeu mais il n'a pas prétendu en avoir eu une à son
> procès.

Allégations grossièrement inexactes, au sens où c'est l'exact contraire qui est vrai. Morceaux choisis de la déclaration de Pétain en date du 23 juillet 1945 (première audience) : "De ce pouvoir, j'ai usé comme d'un bouclier pour protéger le peuple français. Pour lui, je suis allé jusqu'à sacrifier mon prestige. Je suis demeuré à la tête d'un pays sous l'occupation. Voudra-t-on comprendre la difficulté de gouverner un pays dans de telles conditions ? Chaque jour, un poignard sous la gorge, j'ai lutté contre les exigences de l'ennemi." Et encore : "L'occupation m'obligeait à ménager l'ennemi, mais je ne le ménageais que pour vous ménager vous-mêmes, en attendant que le territoire soit libéré. L'occupation m'obligeait aussi, contre mon gré et contre mon coeur, à tenir des propos, à accomplir certains actes dont j'ai souffert plus que vous, mais devant les exigences de l'ennemi, je n'ai rien abandonné d'essentiel à l'existence de la patrie." Et un petit dernier pour la route : "Pendant que le Général De Gaulle, hors de nos frontières, poursuivait la lutte, j'ai préparé les voies à la libération, en conservant une France douloureuse mais vivante" - voir Procès du Maréchal Pétain. Compte-rendu in extenso des audiences, Imprimerie nationale, 1945, p. 9. C'est pas un aveu - fantaisiste - de double-jeu, ça ?




> 10/Même pas. Il n'a même pas relevé qu'il y avait
> injustice à être jugé par un jury se composant uniquement
> d'opposants politiques -un comble d'injustice, pourtant.

Pétain en prison, le 1er novembre 1947, à propos de De Gaulle et de sa propre condamnation : "C'est de sa faute si je suis là, ma condamnation est l'oeuvre de De Gaulle et de Mornet. Il se venge et le fait sciemment. Il m'a abandonné pour faire plaisir aux communistes. Il n'a pas à être fier de son travail, mais j'oublierai le mal qu'il m'a fait s'il me fait libérer" (cité dans Herbert Lottman, De Gaulle/Pétain. Règlements de comptes, Perrin, 2008, p. 219).

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