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La description du livre

Présumé Jean Moulin / Jacques Baynac

En réponse à -19* -18 -17 -16 -15* -14 -13 -12 -11 -10* -9 -8* -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1Réponse à N. Bernard de Jacques Baynac

Réponse décevante (2)... de Nicolas Bernard le samedi 10 mars 2007 à 15h32

Le rapport Kaltenbrunner est daté du 29 juin 1943. Il résulte certainement d'une compilations de données issues du QG du SD à Paris, lui-même ayant profité des informations transmises par Klaus Barbie le 21 ou le 22, voire le 23 juin selon certains, ce qui explique son erreur selon laquelle "Max" n'aurait pas été arrêté au cours de la rafle de Caluire.

Mais vous n'y croyez pas.

Qu'on en juge


> 2° Votre défense de la véracité du rapport Kaltenbrunner
> du 29 juin est amusante.

Je sais, je suis d'un naturel si joyeux.



> Elle repose sur les dires
> publiquement exprimés par Ravanel à la barre du procès
> Chauvy-Aubrac, en février 98, si j'ai bonne mémoire.

Perdu. Je n'étais pas présent à ce procès, et je me suis fondé sur les dires de... l'avocat et principal défenseur de René Hardy lui-même, à savoir Maître Maurice Garçon, qui a énoncé l'hypothèse en 1950, et sans doute avant



> Y ayant assisté sans en perdre une minute, j'avais été
> assez impressionné par cette reconstruction chronologique
> pour la garder en mémoire et me promettre d'en vérifier la
> pertinence. Elle n'a pas résisté. Car elle repose
> entièrement sur la croyance, que vous proclamez, selon
> laquelle : "il n'y a eu nulle tromperie de la part du QG
> parisien du SD (envers Berlin), lequel n'a jamais été
> désinformé par Barbie."

Non, elle repose sur la logique administrative. Dont vous admettez plus bas la réalité.



> Qu'est-ce qui vous autorise à
> soutenir la seconde partie de cette phrase ?

Tout simplement l'absence totale de preuve de ladite tromperie, et un nombre considérable d'éléments qui établissent formellement la trahison de René Hardy.

En ce qui me concerne, je tiens compte des deux hypothèses suivantes :

1) Le rapport Kaltenbrunner se fonde sur des éléments réunis par le QG parisien du SD, lequel se fonde sur le rapport préliminaire de Barbie (qui nourrit encore, par prudence, des doutes quant à l'arrestation de Moulin) du 21 juin au soir, et un autre rapport mentionnant des perquisitions le lendemain. Suite à une erreur bureaucratique commise à Paris, un nouveau rapport Barbie du 22 ou du 23 et informant ses supérieurs de la présence de Moulin parmi les détenus n'est pas intégré dans la liasse d'informations communiquées à Berlin. D'où l'erreur.

2) Barbie doute jusqu'au 21 au soir ou au 22 qu'il détient Jean Moulin. Il préfère donc ne pas s'avancer dans son rapport préliminaire, histoire d'éviter d'avoir à passer pour un abruti aux yeux de sa hiérarchie s'il se trompe, compte tenu de l'importance accordée à "Max". Aussi se tait-il à ce sujet, et la machinerie administrative faisant le reste, le rapport Kaltenbrunner commet l'erreur.



> Avez-vous vu
> le rapport de Barbie ? Dans ce cas, vous êtes le seul et
> nous serions nombreux à désirer le lire. En réalité, comme
> je l'ai écrit dans Présumé, Paris n'a appris la présence
> de Moulin parmi les arrêtés de Caluire qu'à réception du
> premier convoi de ceux-ci (Lassagne, Lacaze, Aubry,
> Schwartzfeld, Mme Raisin) le 25 (ou le 26).

Possible, mais cela reste à prouver. Or, votre affirmation repose sur le témoignage de Ernst Misselwitz, l'interprète du SD, formulé en 1947, lequel a très bien pu se tromper dans la datation (d'ailleurs, il n'est point sûr lui même sur la chronologie qu'il fournit : le 25 ou le 26 ?).

A ce propos, le supérieur de Barbie, Helmut Knochen, a apporté l'explication suivante dans une interview accordée quarante ans plus tard à un journaliste, intéressante malgré ses imprécisions : "Un jour, Klaus Barbie câble à Berlin qu'il a capturé un chef important de la Résistance. Berlin répond : envoyez-le immédiatement, nous l'interrogerons ici. Klaus Barbie, petit homme très arriviste, sentant qu'il a réussi un coup de filet magistral, se vexe de voir que d'autres vont s'attribuer sa victoire à lui. Il décide de commencer l'interrogatoire, histoire de montrer à Berlin de quoi il est capable... et c'est le drame." (cité in Ladislas de Hoyos, Barbie, Robert Laffont, 1987, p. 122)

Ce qui expliquerait que Barbie détienne Moulin quelques jours supplémentaires. Misselwitz corrobore ce témoignage : Barbie "a donné comme prétexte à Bömelburg du retard apporté au transfert de son prisonnier que ce dernier ne voulait pas parler et qu'il avait été brutalisé." (PJM, p. 860)



> Et, là,
> l'hypothèse de Ravanel, les lenteurs bureaucratiques et
> tout cela, devient pertinente et cohérente.

OK, mais au passage, pourquoi n'avoir pas mentionné cette explication dans PJM ? Ne serait-ce que pour la réfuter ?



> De plus, vous
> passez délibérément

"Délibérément" ? Prouvez-le. A titre perso, ces procès d'intention commencent à m'agacer heavy...



> sous silence que Barbie, convoqué à
> Paris pour s'expliquer, s'est fait remonter les bretelles
> par les grands chefs, à la suite de quoi il a dû leur
> livrer Moulin, vers le 3-4 juillet, et dans un piètre
> état.

Dans ce passage, une inexactitude, et une affirmation non-prouvée.

D'abord, l'erreur. Vous attribuez l'énervement des supérieurs de Barbie à son prétendu silence. C'est faux. Lesdits supérieurs ont explosé parce que l'interrogatoire de Jean Moulin avait réduit "Max" en pièces.

Helmut Knochen a ainsi déclaré "Je me rappelle la rage de Bömelburg quand il appris le traitement infligé à Jean Moulin." (Ladislas de Hoyos, op. cit., p. 122)

L'interprète du SD à Paris, Ernst Misselwitz, confirme : "J'ai entendu Bömelburg faire des reproches à Barbie parce qu'il l'avait maltraité. Il lui a dit que l'on envoyait pas un homme dans cet état." (cité in Daniel Cordier, La République des Catacombes, op. cit., p. 471)

Barbie a-t-il livré Moulin les 3-4 juillet ? L'affirmation émane de Misselwitz, cité plus haut, lequel raconte que c'est le 25-26 juin que Barbie a informé ses supérieurs de l'arrestation de Moulin. Mais il s'agit, si je ne m'abuse, de notre seule source, et il s'exprime quatre années après les faits : il a fort bien pu commettre une erreur de datation, d'autant qu'il n'est pas très certain des dates exactes (le 25 ou le 26 juin, le 3 ou le 4 juillet).

Et puis faudrait savoir. Dans Les secrets de l'affaire Jean Moulin (Seuil, 1998, p. 412), vous écrivez : "A la fin du mois [de juin, NDLR] (on ignore quel jour), Moulin est transféré à Paris."

D'où ma question (car moi aussi je puis être très fort, à ce petit jeu) : qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?



> Pour soutenir votre thèse, vous n'hésitez pas à continuer
> à prétendre que Barbie n'a pas reconnu Moulin sur le champ
> à Caluire, mais seulement, "peut-être" dans la soirée du
> 21, ou "au moins le 22".

Il n'a pu reconnaître Moulin à Caluire, pour une excellente raison : il va d'abord s'acharner sur un autre Résistant arrêté, André Lassagne, en le prenant pour "Max". Puis il va torturer sauvagement Henri Aubry pour lui faire avouer qui donc est "Max". Et ce n'est que lorsqu'Aubry finira par craquer qu'il s'attaquera à Moulin. C'est ce que j'appelle une preuve absolue et décisive.

Je ne prétends d'ailleurs pas que Barbie reconnaît Moulin dans la soirée du 21 ou dans la journée du 22 : vous avez mal lu, ou je n'ai pas été suffisamment clair. J'écris qu'il apprend la présence de "Max" (qu'il ignore être Moulin) dans la soirée du 21 (témoignage d'Aubry) ou le lendemain, puisque ses interrogatoires de Lassagne et Aubry révèlent qu'il s'attend à trouver "Max" parmi eux.



> Comment expliquez, alors, que la
> chambre louée sous le nom de Marchand par Moulin, 2 place
> Raspail, ait été perquisitionnée dans l'après-midi du 21,
> mais que - ce qui serait incompréhensible si Moulin
> n'avait pas été instantanément reconnu - les Allemands ne
> se
> sont jamais rendus au 17, rue Renan, l'adresse qui
> figurait sur la carte d'identité avec laquelle il avait
> été pris, au nom de Jacques Martel ?

L'affirmation serait pertinente... à la supposer formellement établie. Or, si la réalité de la perquisition est incontestable, sa date, en revanche, ne l'est pas. Un seul témoin mentionne cette date, De Graaf (PJM, p. 858), et il a fort bien pu commettre une erreur de mémoire. N'est-il pas prouvé qu'il n'en est pas exempt ? Voir PJM, p. 781 pour s'en convaincre... Curieusement, s'agissant de cette perquisition, l'hypothèse d'une lacune mémorielle ne vous vient pas à l'esprit ?

Je suis d'autant plus convaincu que De Graaf se trompe qu'il mentionne "l'après-midi du 21", soit peu après la rafle de Caluire... Décidément très rapide, le Barbie ! Il a à peine le temps de réunir ses victimes, de les embarquer, qu'il identifie immédiatement Jean Moulin et mande des agents perquisitionner chez lui. Et - par sadisme ? par souci de manip' ? par syndrome d'Alzeimer ? - il torture deux Résistants pour leur faire cracher le morceau s'agissant de "Max". Quitte à perdre deux jours alors qu'il est censé, selon vous, garder ce très lourd secret vis-à-vis de sa hiérarchie. Soyons sérieux.




> Pourquoi donc, dans
> votre critique acharnée de mon travail et de moi-même, ne
> mentionnez-vous pas ces données ?

Mais bon sang je ne cherche pas à vous démolir, je me tape et contre-tape de savoir qui vous êtes et ce que vous voulez défendre. Je ne m'inscris pas dans une logique d'extermination ou de règlement de compte, je veux causer de Caluire avec vous, et malgré mes désaccords, j'estime que vous connaissez très bien le dossier, c'est pourquoi je suis heureux d'en débattre avec vous. Faudrait sortir de votre logique de la suspicion systématique.



> Détails, sans doute, à vos yeux.

Non, détails à la chronologie incertaine. C'est différent.



> J'ai la faiblesse de
> croire que c'est au contraire essentiel, tout comme est à
> mes yeux essentiel que Larat ait été filé avant Caluire,
> ainsi que l'a révélé il y a déjà très longtemps Henri
> Amoretti, l'un des premiers historiens de la Résistance
> lyonnaise (p. 824 de PJM),

Une opinion d'historien, qui ne constitue ni un témoignage, ni un document, ni même un indice ou un élément.

La thèse de cette filature ne tient pas la route, et pour une raison très simple : le SD n'en cause pas. Si vraiment Larat a été suivi, pourquoi aucun gestapiste ne s'en est-il vanté, pendant et après la guerre ? Pourquoi les rapports Flora et Kaltenbrunner ne mentionnent-ils pas cette filature ?



> des témoins directs ayant dit
> que les locaux du COPA étaient sous surveillance depuis
> quelque temps, et le document volé par un agent anglais
> dans un service allemand apportant la prouve de tout cela
> ?

Voir PJM, p. 823. Mais le document allemand volé n'est autre qu'un organigramme réalisé à la mi-mars. J'ignore la date du vol. Pourriez-vous nous la préciser ?

Ce document comporte une annotation au crayon par un Allemand, non datée, et concernant le Résistant "Xavier", alias "Luc", alias Larat : "attendre pour arr. & interrog.". En soi, elle ne prouve rien. Attendre pour l'arrêter, ce peut vouloir dire attendre de l'avoir retrouvé.

Par ailleurs, vous êtes beaucoup moins affirmatif dans votre ouvrage, s'agissant de cette thèse, ce qui constitue de votre part un aveu : la filature de Larat n'est pas formellement établie.

Il reste que ce que j'ai écrit sur le rapport Kaltenbrunner et vos critiques du document demeure donc intact. Ce qui clôt, je pense, ce dossier, à moins que vous n'ayez des commentaires à ajouter.

J'examinerai donc les circonstances de l'évasion de René Hardy dans mon prochain message.

*** / ***

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