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Vichy et la Shoah / Alain Michel

En réponse à -5 -4 -3 -2
-1Convention de la Haye et foutaise juridique de Emmanuel de Chambost

De retour sur les rafles de 1941-1942 de Nicolas Bernard le mardi 20 mars 2012 à 19h12

> Les Allemands ont bel et bien le choix entre deux
> approches
> qui ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients.

J'évoquais pour ma part la foutaise juridique - parce que c'en est une, et carabinée - consistant à prétendre que la Convention de La Haye donnait les pleins pouvoirs aux autorités d'occupation en zone occupée. C'est faux et archi-faux : ces dernières, en vertu des stipulations combinées de la Convention de La Haye de 1907 et de la convention d'armistice, ne pouvaient utiliser directement l'administration d'un pays occupé que dans l'unique hypothèse du maintien de l'ordre et de la sécurité de ses propres troupes, et dans la mesure du possible sans violer la législation du pays occupé.

Dès lors, il est totalement inepte d'écrire que "l'administration d'un territoire occupé était tenue d'obéir à l'autorité de fait, c'est à dire les occupants". Ce type de sottise n'est en fait qu'un lieu commun de la propagande vichyste qui se déploie depuis l'Epuration. Relisez les contributions de l'escroc vichyste Boisbouvier (et les miennes, ainsi que celles de Francis Deleu) sur ce forum, pour vous en apercevoir.






> En
> 1941, (Mai et août) ils ne demandent pas l'avis du
> gouvernement français, et dans ce cas, les juifs français
> ne sont pas épargnés.

Faux pour la première rafle, et très incomplet pour la suivante :

1) Vichy a été informé à plusieurs reprises, du 26 mars au 4 avril 1941, par les Allemands de la rafle qu'ils projetaient le mois suivant. Comme l'écrira le Préfet Ingrand, représentant du Ministère de l'Intérieur en zone occupée, le 6 juin 1941, "au cours de la visite que j'ai eu l'honneur de vous faire le 5 avril dernier, je vous ai exposé que, le 26 mars précédent, M. le Directeur ministériel Dr. Best m'avait exprimé le désir du Commandant des forces militaires allemandes en France de voir la loi du 4 octobre 1940 recevoir son exécution et, d'une manière générale, le Gouvernement français prendre les mesures nécessaires pour assurer l'expulsion ou l'internement des Juifs étrangers résidant en territoire occupé" (cité dans Klarsfeld, op. cit., p. 21). Ingrand poursuit en précisant que l'opération a été exécutée : 3.733 Juifs arrêtés par la Préfecture de Police ont été internés à Pithiviers et Beaune-la-Rolande. "J'ai chargé M. le Préfet du Loiret de l'administration de ces camps. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de toutes nouvelles mesures qui pourraient être décidées au sujet de ces internements." Bref, la rafle du 14 mai 1941 résulte d'une demande allemande formulée à Vichy. Et Vichy obtempère.

2) Il y a lieu de préciser que cette sollicitation des autorités allemandes, à laquelle vont obtempérer les forces de police, constituait en fait une demande d'exécuter en zone occupée la loi française du 4 octobre 1940 prévoyant l'internement de ressortissants étrangers de par leur seule qualité de Juifs, texte législatif qui avait fondé l'internement en zone pseudo-libre de 20.000 Juifs (de mémoire).

3) La rafle du 20 août 1941 est effectivement opérée sur instruction allemande à la Préfecture de Police sans avertir préalablement Vichy.

Mais il importe de ne pas adopter de lecture simpliste de cet épisode qui scinderait Vichy, d'une part, les Allemands, d'autre part, et une administration de zone occupée tiraillée entre ces autorités, dans une troisième part. Comme l'a bien montré Gael Eismann (Hôtel Majestic. Ordre et sécurité en France occupée 1940-1944, Tallandier, 2010), les autorités administratives françaises de zone occupée avaient été encouragées par Vichy à collaborer avec les Allemands sur certaines matières telles que la "question juive". Parallèlement, le régime n'avait pas toujours incité ses Préfets à résister aux incursions allemandes. S'est en fait créée une dynamique, tant en amont qu'en aval, consistant à donner une interprétation extensive de la Convention de La Haye et de la convention d'armistice (les Allemands ont gagné, donc on obéit) et à ne pas s'opposer, en conséquence, aux initiatives nazies. Et lorsque, en certaines hypothèses, Vichy a fait mine de résister, il est vite rentré dans le rang.

Cette politique était d'autant plus acceptée, en fait, qu'elle correspondait à des choix idéologiques convergeant avec les desseins du Reich. Bref, comme l'écrit Mme Eismann (ibid., p.319-320), "contrairement à ce qui a pu se produire en Belgique occupée notamment, le M.B.F. savait qu'il pouvait compter sur le soutien de Vichy dès lors que la répression s'orientait prioritairement contre les communistes et les Juifs, épargnant la population dans son ensemble mais aussi les notables. Aussi, la singularité du régime de Vichy n'est sans doute pas étrangère à l'orientation idéologiquement plus marquée de la politique répressive adoptée par l'appareil militaire allemand en France occupée."

Pour revenir à la rafle du 20 août 1941, il s'avère que Vichy a effectivement protesté. Mais pas pour des motifs humanitaires. Comme le révèle le rapport d'Ingrand, ce dernier s'est plaint aux Allemands sur deux points précis : la rafle a également visé des Juifs français (pas un mot sur les Juifs étrangers, en revanche), et surtout, n'a pas été effectuée en coordination avec Vichy. Ce qui motive surtout le mécontentement d'Ingrand n'est pas la rafle en elle-même, mais le fait que la Préfecture de Police a été informée le 18 août, et lui-même deux jours plus tard : "Un tel manque de liaison entre la Préfecture de Police et la Délégation du Ministre de l'Intérieur est susceptible de présenter de graves inconvénients, s'agissant surtout d'une opération d'envergure posant sur le plan gouvernemental d'importantes questions de principe". Ingrand relate ensuite sa visite aux autorités allemandes : "J'ai souligné la nécessité d'une étroite liaison entre les services de l'Hôtel Majestic et la Délégation du Ministère de l'Intérieur pour toutes les opérations de police d'une certaine importante. J'ai demandé que les autorités de police françaises reçoivent des ordres écrits émanant de l'autorité allemande. On m'a répondu que des instructions précises seraient données en ce sens et qu'on était entièrement d'accord avec moi pour éviter que des fonctionnaires subalternes non qualifiés ne donnent directement des instructions au Préfet de Police" (Klarsfeld, op. cit., p. 28). Ingrand ne trouve d'ailleurs rien à redire au sort des Juifs, se bornant à signaler que 200 intellectuels juifs ont été arrêtés, car "considérés comme ayant une part importante de responsabilité dans la campagne de sabotage actuellement entreprise".





> En juillet 1942, Les Allemands ont pris l'option de
> négocier avec le gouvernement français, ce qui leur permet
> de faire du chiffre à moindre frais, mais les juifs
> français ne sont pas concernés.

Oh que si, ils le sont - voir mon article.

Rappelons que René Bousquet, le 18 septembre 1942, a autorisé les Allemands à déporter du camp de Pithiviers un millier de Juifs français trois jours plus tard (540 français de naissance, presque tous les autres étant naturalisés français), et 540 autres Juifs français, le 23 septembre, de Drancy. Un fait qui contredit radicalement la théorie - d'ailleurs moralement foutraque - consistant à remercier Vichy d'avoir sacrifié les Juifs étrangers en "épargnant" les Juifs français (déjà exclus de la société, mis à la rue, expropriés, ce par tout un appareil législatif élaboré à partir de l'automne 1940, faut-il le rappeler).

La vérité est que les Juifs français allaient probablement y passer, mais Vichy a progressivement fait machine arrière pour tenir compte des protestations de l'opinion publique, et après avoir constaté qu'il était vain de la réprimer. Ce qui n'a d'ailleurs pas empêché ce gouvernement d'aller jusqu'au bout de sa promesse de livrer des Juifs étrangers.

*** / ***

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