Bonjour/Bonsoir,
J'emprunte une autre citation au livre d'Henry Rousso, tant je trouve pertinente sa perception du phénomène singulier dans le monde politique de cette mémoire gaulliste. (voire gaullienne) :
"La mémoire gaulliste a emprunté à la gauche ses valeurs de liberté, de résistance à l'oppression, voire certaines de ses aspirations sociales. Mais elle s'est enracinée tout autant dans une représentation droitière de l'histoire de France, celle qui célèbre le culte des morts et des ancêtres, récuse l'importance des clivages idéologiques ou sociaux, place l'intérêt de la France au-dessus de celui des Français, et s'en remet à un homme providentiel qui assume seul le destin tragique de la nation.(...) A plus d'un titre donc, cette mémoire est duale; partisane et unitaire, nouvelle et ancienne, ni essentiellement de gauche, ni exclusivement de droite. Elle est en outre fondamentalement dynamique. Enfin dernière singularité, la mémoire gaulliste repose presque entièrement sur la parole et les actes d'un seul homme, qui plus est un homme exceptionnel conscient de l'empreinte qu'il souhaitait laisser, ce qui a rendu, on le sait, fort difficile la tâche des biographes, et la rend encore plus ardue lorsqu'il s'agit de décrypter l'instrumentalisation volontaire du passé dont il a été le promoteur." p. 379-380
Vous me pardonnerez la longueur de cette citation mais, pour approfondir les différentes sensibilités politiques concernant la SGM et Vichy, j'ai pensé que l'extrait emprunté à Rousso résumait très bien les particularités et le mode de fonctionnement de la mémoire gaulliste, un mode si singulier qu'il explique aussi l'impossibilité d'un héritage crédible après la mort du Connétable...
Amicalement,
René Claude |