Le bouquin Ricalens et Poyer recense les points de vue d'un certain nombre d'acteurs de l'époque, en particulier celui de Laval, citant Géo London, Le Procès Laval, Bonnefon, Lyon, 1946 , p.77
« C'est peut-être l'évènement le plus heureux qui se soit produit pour la France que nous ne soyons pas allés en Afrique. (...) C'est au mois de juin 1940; c'était la guerre éclair; l'Angleterre était apeurée; elle avait rappelé ses troupes et son aviation. Elle pensait à tout moment qu'elle pouvait être attaquée par les forces allemandes. Et dans la précipitation de la victoire, dans l'enthousiasme, c'était pour Hitler la possibilité certaine, avec la complicité (...) ou la complaisance du gouvernement espagnol, qui n'aurait pas pu résister, qui avait quelque raison de reconnaissance, de gratitude vis-à-vis d'Hitler, c'était la possibilité certaine pour les Allemands d'aller en Afrique.
(...)
Si, à ce moment-là, le gouvernement était allé là-bas, nous n'avions ni les moyens de fabriquer des munitions ni aucune réserve.
(...)
Les Allemands en Afrique, mais c'était les Allemands à Suez (...)! Et je ne suis pas s^r qu'il aurait été facile de les en déloger et que l'Amérique aurait pu se servir de l'Afrique comme plate-forme pour libérer la France.
(...)
Quittant la France, qu'on aille à Londres, alors. Ils pouvaient aller à Londres. Mais aller en Afrique, je répète que c'était amener les Allemands en Afrique; c'était changer tout l'aspect de la guerre »
Le Laval de 1945 est, on le voit, cohérent avec celui de 1940 ou 1942. Je ne me souviens plus où j'avais lu cette citation concernant de Gaulle: « Ouais, partir à Londres, ça a de la gueule ! »
Dans le bouquin Ricalens et Poyer, le même point de vue lavaliste, « les Allemands seraient vite arrivés en AFN », est défendu par Bernard Legoux, en contradiction, par conséquent avec Jacques Belle, mais dans sa conclusion, Ricalens écrit, en gros, que Belle est sérieux et que Legoux est partisan.
Emmanuel |