
Les contributeurs ou visiteurs de
"Livres de guerre" pourraient sursauter en voyant s'afficher ce recueil des "paroles" de Laval, l'homme le plus abhorré de la dictature de son maître Pétain. Qu'ils se rassurent!
"Livres de guerre", sans jamais tomber dans les compromissions, s'autorise toutes la audaces lorsqu'il s'agit d'éclairer une période de l'histoire.
L'ouvrage est le recueil des notes et mémoires rédigés par Pierre Laval dans sa cellule alors qu'il attendait son jugement. Ces notes ainsi que de nombreux documents ont été rassemblés par la fille de Laval, Josée de Chambrun.
A plus d'un titre, le livre ne manque pas d'intérêt! Chaque chapitre est la réponse de Laval aux considérants de l'acte d'accusation. L'homme est habile à défendre sa cause. Si Laval, avec le recul du temps, ne convaincra plus grand monde, on peut se demander si le tribunal n'aurait pas été ébranlé par ses arguments. En filigrane, transparaît le rôle peu glorieux tenu par la majorité des protagonistes du régime de Vichy. Que ce soit à propos de l'armistice où il est clair que ce furent Weygand et Pétain qui en décidèrent! Que ce soit le 10 juillet 1940 où Laval se défend d'avoir intrigué pour arracher le vote de l'assemblée attribuant les pleins pouvoirs à Pétain! Que se soit à propos du statut du Juifs... Laval n'était pas au gouvernement! Que ce soit à propos de Légion française des Combattants, le Service d'Ordre légionnaire ou la Milice, les "enfants chéris" du maréchal... Laval y était opposé et les décisions étaient prises en aparté entre Darnand et Pétain. Nous pourrions multiplier les exemples. Mais qu'on ne s'y trompe pas! Ce plaidoyer pro-domo de Laval ne l'exonère pas de ses crimes. Il implique ses comparses, Pétain le premier, qui se cachent trop souvent derrière le paravent ou le bouclier "Laval" pour occulter leurs propres responsabilités.
Un livre que nous déposons comme ressource documentaire où chacun pourra puiser telle ou telle information.
Francis Deleu.