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Freefrench / Jacques Ghémard

En réponse à -2
-1Récit du torpillage du Nino Bixio de Gérard LE POITTEVIN

Autre récit du torpillage du Nino Bixio de Gérard LE POITTEVIN le samedi 26 juin 2010 à 17h58

Autre récit du torpillage du Nino BixioLes Parachutistes de la France Libre en Afrique du Nord (1940 – 1943)
Par Raymond FORGEAT
Service Historique de l’Armée de Terre – Vincennes. 37992 To - 4°5768

Page 81

« Ce jour du 16 août 1942, ils furent entassés dans des camions qui les conduisirent, au port, où, avec une multitude d’autres, ils embarquèrent à bord d’un gros bâtiment, le Nino Bixio, un beau cargo récemment construit. Les colonnes de prisonniers s’engouffraient sans fin à l’intérieur du navire… On en entassa 7 000, parmi lesquels 400 français, ceux de Bir-Hakeim et les douze S.A.S. du French Squadron.

Dans la soirée, en compagnie d’un autre cargo, le Nino Bixio pris la mer. Tous deux étaient les seul rescapés d’un convoi de dix bâtiments qui avaient quittés, en convoi, Brindisi, pour l’Afrique du Nord. Le reste du convoi avait été coulé, soit en mer par les sous-marins ou les bombardiers alliés, soit dans le port même de Benghazi par la R.A.F.

Le lendemain, 17 août, les deux cargos naviguaient sur une mer d’huile, sans aucun soupçon d’alerte. Groupe par groupe, les prisonniers étaient autorisés à prendre l’air sur le pont, car, à fond de cale où on les avait entassés, il régnait une puanteur irrespirable.

C’est entre 15 h 30 et 16 heures que le drame éclata subitement. Une alerte aux sous-marins fut déclenchée. Immédiatement, tous les prisonniers qui étaient sur le pont furent renvoyés au fond de leur cale respective. Ironie ! Juste quelques instants auparavant, aux parachutistes français qui jouissaient du beau temps sur le pont, un soldat italien de l’escorte, un bersaglière, affirmait que la zone dangereuse à l’intérieur de laquelle les Britanniques auraient pu les attaquer, était passée.

Aucun risque ne subsistait maintenant, le voyage allait se terminer en croisière…

Vers 16 heures, un choc violent ébranla le cargo. Une torpille venait d’atteindre l’une des cales. Sous l’effet du choc et de l’explosion, le bateau donna du gîte à bâbord.

Presque à la suite, une seconde torpille l’atteint en plein milieu, à la hauteur des machines, les détruisant complètement sous l’effet de la formidable explosion qui s’en suivit. Cette fois, le cargo donna de la gîte à tribord, basculant si fortement qu’il engloutit en un instant d’énormes quantités d’eau de mer en fond de cale, par les panneaux ouverts du deuxième pont.

Dès lors, la panique générale se déchaîne… Tous les prisonniers tentent de regagner le pont, se précipite aux échelles… dans une ruée hystérique les hommes s’écrasent les uns sur les autres. Geiger s’est trouvé sur le pont sans même avoir touché l’échelle… pourtant elle avait une quinzaine de mètres de long !

La même terreur panique régnait sur le pont, et les membres de l’équipage n’étaient pas les derniers à y participer.

Sans réfléchir, des grappes humaines se jettent à l’eau… triste et terrifiant spectacle ! Hurlant à la mort, les Hindous sont les plus effrayés, ne se contrôlent absolument plus et commettent les actes les plus fous, les plus suicidaires, s’accrochant dans l’eau à des malheureux qu’ils entraînent avec eux dans la mort.

Sept parachutistes français ont plongé : le sergent Gillet, le caporal Tourneret, les deux frères Royer, Logeais, James et Jouanny…

Geiger, ayant trouvé une bouée allait s’apprêter à sauter à son tour quand Prados l’a retenu. « Reste tranquillement à bord, le bateau ne coulera pas d’aussitôt ! Rassure-toi, il est de construction récente, et la technique de maintenant est de diviser toute la coque en une série de cloison étanches qui limitent les possibilités de naufrage. Le Nino-Bixio en est pourvu de cinq ! Elles tiendront, soit en sur, on ne risque rien ».

Il affirmait cela, tranquillement, entre deux coups de mâchoires qu’il plongeait dans un beau rôti qu’il avait entre les mains… C’était du plus rassurant effet !... et Geiger eut vite fait de se rendre à ses raisons… et à réclamer une part du rôti appétissant.

Le Nino-Bixio restait immobilisé sur place. L’autre cargo continua sa route avec l’escorte, à l’exception d’un torpilleur qui tournait autour du cargo navigant au milieu des malheureux qui s’étaient jetés à l’eau, sans seulement ralentir un seul instant pour essayer d’en recueillir au moins un… Mais c’est la règle, quelque soit la nation en cause. Un bateau de guerre d’escorte ne s’arrête pas pour recueillir un naufragé ; c’est la règle, car immobilisé pendant cette opération de sauvetage, il offrirait une cible trop facile au sous-marin qui le guette… c’est cruel, c’est inhumain, c’est la guerre maritime sans recours possible.

Vers 19 heures, le torpilleur lança une élingue et prit le cargo en remorque, sous la protection de quelques avions venus pour repérer sans doute tout sous-marin allié et lui donner éventuellement la chasse.

Le lendemain, au matin du 18 août, vers 8 heures, l’étrange convoi atteignait le port grec de Pilos, dans la baie de Navarin. Le cargo fut approché au plus près de la côte, où il s’échoua sur une plage.

Sur le pont avant du cargo, des corps mutilés gisaient. Partout du sang, une vraie boucherie…des blessés geignaient parmi les morts… Heureusement pour les parachutistes, au départ de Benghasi, ils avaient été « parqués » dans une des cales arrière. Un matelot italien qui parlait français leur dit qu’ils avaient eu beaucoup de chance, car une troisième torpille avait précisément manqué de très peu l’arrière du cargo, et cela était dû uniquement à un moment mécanique : en effet, sous l’effet des deux premières torpilles, le bateau avait passé de gîte bâbord à gîte tribord très prononcé, mais surtout, pour leur bonheur, il avait viré brutalement de bord à 90° ! S’il était resté en ligne, la torpille l’eut frappé de plein fouet à l’arrière et la cale dans laquelle se tenaient les 12 S.A.S. auraient subi le même terrible sort que la cale avant… Destin…

A partir du remorquage, les prisonniers furent littéralement les maîtres à bord. Le commandant du navire avait perdu presque tout son équipage, qui avait sauté à l’eau, ainsi que la plupart de ses officiers. Les cinq S.A.S. rescapés visitèrent de fond en comble la cambuse, se restaurant à sasiété. Depuis plus de deux mois que leur estomac les tiraillait, il n’était pas question de résister à la tentation !...

Ils abusèrent plus ou moins de la nourriture qui se présentait en abondance, comme tous les autres prisonniers, dont beaucoup ne résistèrent pas au régime et furent pris de dysenterie. Le malheureux Guichaoua aggrava à cette occasion le mal qui le rongeait depuis deux mois.

Cependant, au cours de la maîtrise des lieux pendant toute la durée du remorquage, des actes de « vandalisme » avaient eu lieu… les meubles avaient été brisés ou jetés par-dessus bord, des parties accessoires, des tuyauteries, du matériel de toute sorte avaient été détruits, saccagés. Des objets de valeur avaient été volés…

Venue de l’intérieur du pays, une nouvelle escorte vint prendre en charge l’ensemble des prisonniers rescapés, lamentable troupeau humain, mais bien nourri cependant depuis ces dernières heures…

Aussitôt, tout le monde fut rassemblé sur le pont, sévèrement encadré par les soldats de l’escorte, et une fouille minutieuse commença. Bien entendu, le commandant du navire et ses quelques officiers restants avaient assisté au saccage et au pillage, il fallait donc découvrir les coupables…

Méticuleusement, chaque homme fut fouillé. Les Hindous, qui avaient bourré leurs poches de divers objets, le plus souvent sans valeur et sans intérêt furent frappés avec sauvagerie, injuriés et rendu responsables de tous les maux, de tous les dégâts et sabotages…

On transféra à terre les quelques 400 victimes qui avaient péri dans la cale avant. Il était temps, car avec la chaleur, la décomposition des corps s’accélérait rapidement et déjà l’odeur devenait insupportable. Après les avoir recouverts de chaux, les restes de ces malheureux furent dirigés sur le cimetière de Pilos où ils furent inhumés.

Puis l’appel des prisonniers fut fait. Il en manquait 3 000 environ, sur 7 000 qui avaient embarqué à Benghazi ! Rien que pour les S.A.S., sur les douze qui avaient embarqué, 7 manquaient à l’appel, disparus à jamais en mer, dans cette belle mer bleue de carte postale…

…/…

*** / ***

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1 Au sujet de mon père, Christophe RANNOU de RANNOU 05 octo. 2020 12h49
2 Bonjour, de Prosper Vandenbroucke 06 octo. 2020 16h20

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