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Edition du 19 janvier 2010 à 18h53

Pétain - Trahison ou sacrifice ? / Michel Boisbouvier

 

A propos de Poliakov de Francis Deleu le mardi 19 janvier 2010 à 16h08

Bonsoir,

Boisbouvier ainsi que les idolâtres de Pétain et son régime s'accrochent comme à une bouée de sauvetage à une petite phrase de Léon Poliakov : "du sort plus clément des juifs de France, Vichy fut en fait un facteur prépondérant"
A de multiples reprises, Nicolas Bernard a démontré que cette phrase, écrite en 1951, était dépassée depuis l'ouverture des archives. Parmi les 30 contributions de Nicolas Bernard mentionnant Poliakov, n'en retenons qu'une seule : Sur la phrase de Poliakov

Comme Boisbouvier s'en fiche comme de son premier bavoir et que Nicolas Bernard doit avoir l'impression face à un interlocuteur comme Boisbouvier de "autant se soulager dans un instrument à vent" (que Nicolas veuille bien -ainsi que les modérateurs - me pardonner une grossièreté) ..... faisons appel à Henri Rousso, Vichy - L'événement, la mémoire, l'histoire (pp. 689 à 691) (texte in extenso)
C'est en 1951 que paraît l'une des toutes premières études d'ensemble sur l'extermination des juifs, sous la plume de l'historien Léon Poliakov. Elle est presque entièrement fondée sur les archives du Tribunal militaire international. Or sans entrer dans toute la démonstration de l'auteur, il qui fut en la matière un véritable pionnier, il est aisé de constater avec le confort intellectuel que procure le recul du temps, à quel point l'ouvrage est resté prisonnier de son corpus, ce qui était parfaitement naturel. C'est ainsi que Léon Poliakov ne consacre que quelques pages au rôle du régime de Vichy dans la Solution finale, en énonçant une idée qui peut paraître aujourd'hui étonnante, au vu de la masse des documents français ou étrangers autres que ceux de Nuremberg qui ont été dépouillés depuis : "du sort plus clément des juifs de France [au regard des autres pays occupés], Vichy fut en fait un facteur prépondérant.
La vision d'un Vichy livrant les juifs étranger, mais "protégeant" les juifs français, résulte certes d'une analyse propre de l'auteur, voire d'un sentiment largement partagé par une partie de l'opinion française, alors très peu au fait de ces questions qui ne sont pas l'objet central des discussions sur l'Occupation. Mais elles s'inscrivent aussi dans la logique de la position adoptée par l'accusation française aux procès de Nuremberg, qui a ignoré les responsabilités propres de l'"Etat français" dans l'extermination des juifs, pour des raisons à la fois politiques et juridiques : l'objectif essentiel des Alliés était de juger les hauts responsables allemands, et non leurs complices des diverses nations occupées, un principe défendu avec âpreté par le Gouvernement provisoire de la République française qui entendait que le jugement des responsables du régime de Vichy relève exclusivement de la souveraineté française. A cet égard, il faut aussi rappeler que l'acte d'accusation français sur les crimes nazis est doublement significatif du contexte de l'époque : la part consacrée aux persécutions contre les juifs et l'extermination n'en constitue qu'une très faible partie au détriment de la question des otages, de la répression contre la Résistance, du travail obligatoire ou encore du pillage économique; et dans cet ensemble, pourtant conséquent et volumineux, la question d'une éventuelle responsabilité française dans cette persécution, même de la part de l'autorité "de fait" de Vichy, n'est presque jamais évoquée.

En d'autres termes, le procès de Nuremberg a involontairement orienté les premières études historiques, tout en leur offrant la possibilité de paraître rapidement. Tributaire de ses sources et du contexte de son époque, Léon Poliakov ignore ainsi la question de Vichy. Mais, à la décharge de l'historien, il faut souligner qu'il se démarque aussi de la logique de Nuremberg (tout en utilisant les sources du TIM), puisqu'il consacre, de sa propre initiative, une étude spécifique sur la question de l'extermination, un phénomène qui sera longtemps négligé par l'historiographie, au moins jusque dans les années 1970, à l'exception du livre majeur mais longtemps méconnu de Raul Hilberg.

L'ouvrage pionnier de Léon Poliakov est peut-être le premier que l'on peut ranger dans le courant dit "intentionnaliste" - un terme qui apparaîtra beaucoup plus tard, dans les années 1960, par opposition au courant dit "fonctionnaliste"
N.B. Ce texte figure au chapitre "Juger le passé" - § Une historiographie sous influence juridique (1950-1960)
Ce sera l'occasion de reproduire bientôt ce que Henry Rousso pense de Robert Aron.

Francis.

*** / ***

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1 La petite phrase de Poliakov (sommaire) de Nicolas Bernard 19 janv. 2010 16h31

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