Vichy et la question juive - Histoire élémentaire de Vichy - forum "Livres de guerre"
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Histoire élémentaire de Vichy / Amiral Auphan

 

Vichy et la "question juive" de Francis Deleu le jeudi 21 octobre 2004 à 23h15

Bonsoir,

L'antienne des thuriféraires du régime de Vichy est bien connue: c'est sous la pression des nazis que Vichy a été contraint de mettre en place tout un arsenal de mesures coercitives. Mais voyons plutôt ce qu'en pense l'amiral Auphan en laissant le soin aux lecteurs "d'apprécier" cette prose qui suinte l'antisémitisme à chaque ligne. Rappelons que ce texte date de 1971.

*** Le drame des Juifs sous l'occupation ne se comprend que replacé dans l'ensemble de ce qui se passait en Europe.
Il y avait avant la guerre presque deux fois plus de Juifs dans le Reich qu'en France, dont beaucoup de Polonais. Hitler ayant commencé à les persécuter ou à les expulser, l'un d'eux, pour se venger, avait assassiné un haut fonction­naire. La réaction nationale-socialiste avait été terrible : incarcérations massives, synagogues incendiées, biens sacca­gés, etc. Beaucoup de ceux qui le pouvaient avaient émigré d'Europe centrale ou orientale vers des pays encore libres et qu'ils croyaient bien à l'abri de l'hitlérisme, comme la France. La loi allemande avait déchu de leur nationalité les Juifs allemands ou autrichiens émigrés, faisant d'eux des apatrides. Dès avant la guerre le gouvernement français s'était inquiété de cette invasion, mais ni la Grande-Bretagne ni les Etats-Unis n'avaient voulu s'ouvrir aux Juifs émigrés. On comptait ainsi dans notre pays, au moment de l'armistice, environ trois cent vingt mille Juifs: une moitié au moins d'étrangers ou d'apatrides, poussés comme une écume par le flot de l'armée allemande, un quart de naturalisés de très fraîche date, un quart seulement de Juifs français intégrés depuis longtemps à la communauté nationale. Si le gouvernement français, attentif à ses nationaux, faisait une différence entre les deux catégories, les autorités d'occupa­tion n'en faisaient aucune, la qualité de Juif primant à leurs yeux la nationalité. C'est dans ces conditions que le 27 septembre 1940 les Allemands publièrent soudain en zone occupée une ordon­nance prescrivant le recensement des Juifs et de leurs biens, en vue manifestement de mesures de spoliation comme ils l'avaient fait dans les autres pays envahis.
Non content de protester, le gouvernement français crut opportun de prendre de son côté des mesures dans l'espoir que les Allemands s'en contenteraient et n'iraient pas plus loin. L'état d'exaspération contre les Juifs d'un large secteur de l'opinion ne lui permettait pas de rester sans rien faire. Outre qu'il existe un problème entre Juifs et chrétiens depuis la Passion du Christ, le souvenir du Front populaire dirigé en 1936 par Léon Blum, la pénétration croissante des Juifs dans les milieux de l'information, leur poids international dans la politique qui avait conduit à la guerre, l'attitude scandaleuse de maints émigrés juifs dans les malheurs de notre défaite, tout cela avait engendré dans certaines couches de l'opinion, à l'égard des Juifs en général, un ressentiment qui ne pouvait pas ne pas s'exprimer. Du moment que la loi constitution­nelle permettait de remettre en ordre la maison « France », l'occasion paraissait bonne de ramener les Juifs à une place paraissant équitable. sans qu'ils puissent en déborder ni assumer dans la nation un rôle directeur que leur "bidimen­sion" leur interdisait de remplir sans équivoque.
Le statut des Juifs, promulgué le 18 octobre par loi du 3 octobre 1940, les excluait de la fonction publique, de la radio, de la presse, du cinéma, du théâtre. Des dérogations étaient prévues en faveur des anciens combattants et de tous ceux qui avaient rendu service au pays. Quoi qu'on ait raconté. aucun prisonnier de guerre juif ne fut séparé de ses camarades et plus inquiété que les autres par les Allemands. Etaient considérés comme Juifs pour l'application de ces mesures ceux qui étaient de religion juive ou qui avaient plus de deux grands-parents juifs. Soumis au Vatican, ce statut n'appela aucune remarque du moment qu'il ne touchait pas, contrairement à la loi allemande. à la liberté du mariage.
Cette distinction entre deux catégories de Français, les Juifs et les non-Juifs, était pénible et peut être jugée intolérable par ceux qui méconnaissent le fond du problème. Elle n'était que la transcription sociale d'un grand mystère : l'incapacité qui empêche le peuple de la Bible, pourvu par ailleurs de tant de dons de l'esprit et du coeur, de retrouver un équilibre collectif depuis la mort du Christ ou de s'assimiler complètement, autrement que par une longue conversion familiale, à des notions chrétiennes. Le maréchal Pétain était trop humain pour ne pas avoir souffert de décisions qu'il ne prit que par devoir, dans l'intention de préserver la nation d'influences étrangères à son essence. Un jour de 1944 où il faisait devant moi, en tête à tête, le bilan de son oeuvre, la seule chose qu'il lui advint, sinon de regretter, du moins d'estimer peut-être trop sévère pour ne pas appeler correction, fut le statut des Juifs.
Ce statut devait encore être aggravé en 1941 sous la pression des Allemands. D'une part, l' "aryanisation" des biens juifs, décidée par les Allemands en zone occupée, fut étendue à tout le territoire mais dans un tout autre esprit. Le ­gouvernement français s'attacha à sauver le plus possible d'entreprises juives, éléments de l'économie française, en mettant à leur tête un séquestre français ou une direction temporaire non juive qui continuait l'exploitation et enlevait aux Allemands tout motif de spoliation. Quand il ne pouvait l'empêcher, il intervenait pour faire verser à la Caisse des Dépôts au nom de l'intéressé une indemnité convenable. Tout cela évidemment traversé de mille tracasse­ries. ***


Ce texte se passerait de tout commentaire. Relevons tout de même quelques oublis ou omissions ne fut-ce qu'au niveau de la chronologie.

Le 27 septembre 1940, les Allemands prescrivent, en zone occupée, le recensement des Juifs et de leurs biens. "Non content de protester, le gouvernement français crut opportun de prendre de son côté des mesures dans l'espoir que les Allemands s'en contenteraient et n'iraient pas plus loin" écrit Auphan. Allons donc!

C'est oublier que le décret portant création d'une Commission de dénaturalisation est promulgué le 6 juillet 1940 alors que Pétain est chef de l'Etat depuis six jours seulement.

C'est oublier que le 18 juillet 1940 paraît au JO un décret interdisant l'emploi dans l'administration de toute personne dont le père n'est pas français.

C'est oublier que le 27 août 1940 Vichy abroge le décret de 1939 relatif à l'interdiction des articles de presse traitant de race ou de religion et visant à attiser la haine raciale.

C'est enfin rappeler que Vichy posait les premières pierres de l'édifice des législations raciales bien avant les mesures allemandes du 27 septembre.

Bien cordialement,
Francis.

*** / ***

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