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Cinquante idées reçues sur la Shoah - Tome I - Marc-André Charguéraud
La description du sujet




Remarque :

Pour que le Glossaire trouve un sigle, il doit être écrit en majuscules

Pour qu'il trouve un mot, il doit ètre orthographié et accentué correctement

§:c (

 

le Glossaire de Francis a trouvé :


Liberté - Résistance (France)
-

Journal et mouvement de résistance des démocrates chrétiens.
"Liberté" fusionnera en 1941 avec le MLN (Mouvement de Libération Nationale) pour devenir le mouvement "Combat".


persécution - Vichy
-

Par une confusion de vocabulaire, certains emploient indistinctement les termes "répression" ou "persécution" pour désigner la politique menée par Vichy ou par l'occupant nazi, contre les Juifs.
Le terme "répression" convient pour désigner la violence employée contre les communistes, les gaullistes et les résistants, poursuivis pour ce qu'ils **faisaient** ou **avaient fait**. Il est moins indiqué d'appliquer ce terme aux Juifs "persécutés" pour ce qu'ils **étaient**.


répression - Vichy
-

Le terme "répression", par une confusion du vocabulaire, est fréquemment utilisé pour désigner la politique de persécution menée, par Vichy ou par l'occupant nazi, contre les Juifs. Il serait plus exact de réserver le terme "répression" pour désigner la violence employée contre les communistes, les gaullistes et les résistants, poursuivis pour ce qu'ils **faisaient** ou **avaient fait**. Les Juifs étaient "persécutés" pour ce qu'ils **étaient**.


Résistance
-

Henri Michel dans un de ses livres, - Les idées politiques et sociales de la Résistance, PUF, 1954, p.3 - fait une description très vivante, parlant de la Résistance française.

"Le mot Résistance est apparu pour la première fois dans le discours que le général de Gaulle a prononcé à la radio britannique, le 22 juin 1940; il sera repris ensuite par un des premiers journaux clandestins de la France occupée, puis servira de nom à plusieurs mouvements. Il finit par designer tous ceux qui refusaient d'accepter l'armistice et de croire la défaite définitive, et qui luttaient, chacun dans sa sphère et selon ses moyens, pour être délivrés de l'occupation allemande."
(publié par Laurent Boussaton)


Sicherheitsdienst - SD - Allemagne nazie
-

Service de sécurité responsable de la surveillance intérieure, du renseignement, de l'espionnage et du contre-espionnage du parti.
Dans l'organigramme du RSHA (Office Central de la Sécurité du Reich) le SD est désigné:
- Amt III Inland SD (service de renseignement intérieur)
- Amt VI Ausland SD (service de renseignement à l'étranger)

Dans ce texte :

1933-1938 - Aider les Juifs dans le régime de terreur nazi. de Francis Deleu le lundi 02 septembre 2019 à 22h29

Bonsoir,

Quelques citations d’historiens reconnus examinent la problématique sans que ce soit en aucune façon une remise en cause des responsabilités de la population allemande. Tel est le thème de l’article que Marc-André Charguéraud nous confie ce mois et nous l’en remercions.

***********************************

1933-1938 - Aider les Juifs dans le régime de terreur nazi.
Ceux qui minimisent les risques pris par les Allemands qui défendaient les Juifs ou les aidaient devraient lire les commentaires de quelques historiens renommés à ce sujet, et réfléchir à ce passage de Mein Kampf où Hitler déclare : « L’avenir du mouvement est conditionné par le fanatisme et l’intolérance que ses adeptes apportent à le considérer comme le seul mouvement juste, très supérieur à toutes les combinaisons de même ordre. »[1] Sarah Gordon écrivait à ce propos : « Les Allemands qui n’étaient pas d’accord avec les politiques radicales de Hitler ont été progressivement identifiés et terrorisés. Ils devinrent des exemples pour leurs familles, leurs amis et leurs voisins. Ainsi Hitler utilisa-t-il la persécution des Juifs pour terroriser la population en général. »[2]

Ian Kershaw lui fait écho et précise : « Le régime nazi était une dictature terroriste et dans le sens littéral du terme, un régime terrifiant qui ne connaissait aucune limite dans la répression de ceux qui étaient considérés comme des ennemis, gardez le silence ou vous irez à Dachau».[3] Friedrich Zipfel explique les énormes dangers que ceux qui prenaient la défense des Juifs devaient braver : « On peut esquiver le danger si on en est conscient, mais une police travaillant dans l’ombre devient insaisissable. Personne ne se sent protégé d’elle. Bien qu’elle ne soit pas omniprésente, elle peut apparaître, perquisitionner, arrêter à tout moment. Le citoyen inquiet ne sait plus à qui se fier. » [4]

Nora Levin, expliquant la rareté des résistances, rappelle les lourdes menaces qui planaient sur les éventuels opposants : « Du fait de l’emprisonnement, du meurtre ou du départ de l’essentiel des forces antinazies en Allemagne, toute expression de résistance aux nazis était non seulement rare, mais mettait la vie en danger... Les enfants dans les familles antinazies étaient particulièrement vulnérables. » [5] Et Karl Jaspers, plus brutal, d’ajouter : « L’Allemagne sous le régime nazi était une prison. Ce fut une erreur politique de s’y laisser enfermer. Mais toutes les portes closes, il fut impossible de s’en évader. »[6]

On peut conclure en citant à nouveau Sarah Gordon : « Lorsque les citoyens permettent à leur liberté, qu’elle soit politique, économique, religieuse, sociale ou intellectuelle, de succomber, victime de l’état ou d’un mouvement politique, ils ne peuvent espérer se défendre eux-mêmes et encore moins protéger les Juifs ou toute autre minorité. » [7] Rien n’empêche le parti de décider d’un internement, même si un jugement a prononcé l’acquittement. Quant à la libération, elle dépend du commandement du camp d’internement qui décide du moment où le prisonnier a terminé sa « rééducation » et peut être rendu à la vie civile [8]. La porte est ouverte à tous les abus et la victime est à l’entière merci de ses tourmenteurs.

Comme le déclarait le Rabbin Léo Baeck, qui devint en septembre 1933 le président de la représentation pour le Reich des Juifs allemands : « Le jour du boycott a été le jour de l’histoire de la plus grande lâcheté. Sans cette lâcheté tout ce qui suivit n’aurait pas eu lieu. » [9] On ne pouvait imaginer ce qui allait suivre. L’histoire est un perpétuel recommencement, elle engendre les plus grandes catastrophes politiques et militaires à partir d’incidents qui auraient pu être jugulés sans peine au départ. Encore fallait-il en avoir conscience.


[1] Adolf Hitler, Mein Kampf , Nouvelles Editions latines.. p. 349
[2] Sarah Gordon, Hitler, Germans and the Jewish Question, Princeton University Press, 1984, p. 134, voir aussi p. 302 et 303 sur le même sujet
[3] Ian Kershaw, The Nazi Dictatorship, Problems and Perspective of Interpretation, Edward Arnold. Londres 1993.
[4] Friedrich Zipfel, Gestapo und Sicherheitsdienst, cité par Robert Gellately, The Gestapo and German Society : Enforcing Racial Policy , 1933-1945, Oxford University Press , New York 1990. p. 129
[5] Nora Levin, The Holocaust Years, The Nazi Destruction of European Jewry, 1933-1945, Robert Krieger, Malabar Florida, 1990. p. 142.
[6] Karl Jaspers, La Culpabilité Allemande, Paris 1948, Cité par Michael Marrus, L’Holocauste dans l’Histoire, L’Holocauste dans l’histoire, Paris, Editions Eshel, Genève, Georg éditeur, 1990. p.92
[7] Sarah Gordon, op. cit. p. 315
[8]] Il s’agit de camps de travail et de « rééducation », où la discipline est certes très sévère mais qui ne peuvent être comparés aux camps d’extermination qui séviront pendant la guerre. On peut y survivre, malgré l’arbitraire odieux qui y règne.
[9] Léonard Baker, Days of Sorrow and Pain, Leo Baeck and the Berlin Jews, MacMillan, New York, 1978. p.156, citant Léo Baeck.


Copyright Marc-André Charguéraud. Genève. 2019. Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

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