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Cinquante idées reçues sur la Shoah - Tome I - Marc-André Charguéraud
La description du sujet




Remarque :

Pour que le Glossaire trouve un sigle, il doit être écrit en majuscules

Pour qu'il trouve un mot, il doit ètre orthographié et accentué correctement

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le Glossaire de Francis a trouvé :


Centre de Documentation juive contemporaine - CDJC - France
-

Le CDJC fut fondé en avril 1943 avec pour mission de rassembler les documents ayant trait à la persécution des Juifs, notamment économique.


Résistance
-

Henri Michel dans un de ses livres, - Les idées politiques et sociales de la Résistance, PUF, 1954, p.3 - fait une description très vivante, parlant de la Résistance française.

"Le mot Résistance est apparu pour la première fois dans le discours que le général de Gaulle a prononcé à la radio britannique, le 22 juin 1940; il sera repris ensuite par un des premiers journaux clandestins de la France occupée, puis servira de nom à plusieurs mouvements. Il finit par designer tous ceux qui refusaient d'accepter l'armistice et de croire la défaite définitive, et qui luttaient, chacun dans sa sphère et selon ses moyens, pour être délivrés de l'occupation allemande."
(publié par Laurent Boussaton)


Yad Vashem
-

Institut pour le souvenir des martyrs et des héros de la Shoah. Créé en 1953, une des tâches de l'institut fut de reconnaître les non-Juifs qui, au péril de leur vie, ont sauvé des Juifs des pays occupés sous la botte nazie et leurs acolytes. Une commission de droit public fut créée dans le cadre du Yad Vashem pour décider, d'après les témoignages et les documents présents, si les candidats répondaient aux critères de reconnaissance.
La personne (physique ou morale) reconnue est honorée du titre de "Juste parmi les nations".

Dans ce texte :

Des milliers de Juifs leur doivent la vie - Juin-juillet 1940 de Francis Deleu le dimanche 04 mars 2018 à 11h12

Bonjour,

Marc-André Charguéraud nous confie un nouvel article relatant l’action d’Aristides de Sousa Mendes, consul du Portugal à Marseille. Malgré l’opposition de son gouvernement, il sauva la vie de milliers de Juifs réfugiés à Marseille.
*******************

Des milliers de Juifs leur doivent la vie - Juin-juillet 1940
« Mon gouvernement a rejeté les demandes de visa des réfugiés, mais je ne peux laisser ces gens mourir. Beaucoup sont Juifs et notre constitution stipule que la religion et les opinions politiques ne constituent pas un motif pour qu’on leur refuse l’asile au Portugal (...) Même si je suis démis de mes fonctions, je ne puis agir autrement qu’en chrétien et ne pas respecter ce que me dicte ma conscience. » [1] Aristides de Sousa Mendes, consul du Portugal à Bordeaux, tint ces propos en juin 1940, quelques jours après la défaite française. Les instructions de Lisbonne étaient pourtant claires : elles n’octroyaient de visa qu’aux personnes possédant des moyens financiers et un permis d’entrée dans un pays de destination finale. Quant aux Juifs « expulsés des pays dont ils ont la nationalité ou dont ils sont résidents » et qui se trouvent dans l'impossibilité de retourner « librement là d'où ils viennent », rien ne devait leur être accordé.

Trente mille Juifs s’étaient repliés dans la région de Bordeaux. En une quinzaine de jours, Mendes établit des visas pour le Portugal pour près de 10 000 d’entre eux. Après une attente souvent longue et difficile, la quasi-totalité de ces réfugiés put quitter le Portugal pour une destination finale outre-mer. Dix mille sauvetages grâce à un seul homme : un exploit. Mendes prit sa décision à la suite d’une discussion avec un rabbin orthodoxe, Chaim Kruger, qu’il avait logé avec sa famille pendant quelques heures. Catholique pratiquant, Mendes était un descendant de Marranes.[2]

Devant un tel acte d’insubordination, le gouvernement portugais dépêcha deux collaborateurs de haut rang pour ramener rapidement Mendes à Lisbonne et endiguer un flot de réfugiés dont il ne voulait pas. En route vers Lisbonne, arrivant à la frontière espagnole, à Hendaye, les trois hommes observèrent que les douaniers espagnols, surpris pas un tel afflux de Juifs, mettaient en question la validité des visas portugais. Mendes, malgré la présence de ses deux compagnons, se fit connaître et confirma que ces visas étaient parfaitement en ordre, et que lui-même les avait établis. Après une enquête, il fut renvoyé du ministère des Affaires étrangères. Il mourut dans le dénuement en 1954. Ce n’est qu’en 1967 que le Yad Vashem, l’organisation israélienne pour la mémoire des Martyrs et des Héros, planta vingt arbres à sa mémoire dans la forêt des Martyrs à Jérusalem. [3] Ce « juste parmi les nations» à lui seul sauva plus de Juifs que n’importe quelle autre personne.

Mendes avait compris qu’il fallait aussi rapidement que possible mettre ces Juifs bloqués à Bordeaux à l’abri de leurs oppresseurs allemands. N’aurait-il pas été possible, comme le fit Mendes, de forcer plus souvent l’entrée de ces terres de refuge pour qu’un plus grand nombre de gens soit soustrait aux persécutions les plus abjectes ?

D’autres auraient dû suivre son exemple. En 1940, il ne s’agissait pas d’un acte de résistance envers les Allemands avec toutes les conséquences tragiques qu’il pouvait entraîner, mais d’un geste humanitaire exemplaire qui ne mettait en danger qu’une carrière diplomatique. Mendes perdit sa situation, mais ne risqua pas sa vie. On estime à 50 000 le nombre de Juifs qui passèrent par l’Espagne et le Portugal, dont 25 000 en 1940 et 15 000 en 1941. Ces chiffres soulignent le rôle capital joué par Mendes.[4]


[1] BEJSKI Moshé, The « Rightous among the Nations » and their part in the Rescue of Jews. dans Y. Gutman et E. Zuroff éditeurs, Rescue Attempts during the Holocaust, Proceedings of the Second Yad Vashem International Historical Conference, Jerusalem, 1977, p. 646.
[2] RUI Afonso, Le " Wallenberg Portugais " : Aristides de Sousa Mendes, Revue d'Histoire de la Shoah, Centre de Documentation Juive Contemporaine, Janvier-avril 1999, No 165, p. 9. Le terme de Marranes désigne des Juifs convertis de force au christianisme ou à l’islamisme, mais qui continuèrent à être très proches du judaïsme.
[3] LIPSCHITZ Chaim, Franco, Spain, the Jews, and the Holocaust, New York, KTVA Publishing House, 1984, p. 48 et 49

[4] BAUER Yehuda, American Jewry and the Holocaust : The American Joint Distribution Committee, 1939-1945, Detroit, Wayne University Press, 1981. p. 48.

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