le Glossaire de Francis n'a rien trouvé dans : l'usage des mots, question... de Leon le samedi 18 mars 2006 à 14h43
En lisant votre message, je me pose une question, un peu en marge, peut-être:
Quelle influence peut avoir le "glissement de l'usage des mots"? Je constate, en j'en parle quelquefois avec ma soeur au Canada qui a un peu laché prise avec l'évolution de la société francaise, depuis 17 ans... (interessantes d'ailleurs, ces discussions!) que certains mots disparaissent peu a peu, remplacés par des termes techniques (technocratiques?) plus politiquement correct.
On ne dit plus 'chomeur' mais demandeur d'emploi, 'fonctionnaire' mais agent de la fonction publique, 'cancre' mais enfant en grave difficultés scolaires, 'instit' mais professeur des écoles, 'handicapé' mais porteur d'un handicap, 'femmes battues' mais victimes de la violence conjugale, 'cancer' mais longue et cruelle maladie, 'pays de l'est' mais pays de l'élargissement de l'Europe à 25, 'pauvres' mais défavorisés, 'banlieue populaire' mais quartiers sensibles, on ne dit même plus 'beur', un mot a la mode dans les années 80/90, on dit enfants issus de l'immigration, ni 'nul à l'école' mais mal orienté, 'pays étrangers' mais nos voisins européens, on n'apprend plus l'allemand, mais on est germaniste, on apprend plus 'sur le tas' mais on fait valider ses acquis, on n'est plus 'ivre' mais en état d'imprégnation alcoolique, 'non fumeur' mais victime du tabagisme passif, 'envoyé en apprentissage' mais orienté vers une voie de garage etc, etc...
Alors bien sur, quand on est issue de l'immigration, mal orientée, demandeuse d'emploi, non fumeuse et victime de violence conjugale, la vie est peut-être encore plus dure qu'avant, plus difficile à supporter que lorsqu'on était juste immigrée portugaise, faisant des ménages au noir pour nourrir ses 4 gosses, alors que le mari, chomeur, était parti prendre une cuite au bistrot du coin.
Je termine avec un &;-)) bien entendu !
Frédérique *** / *** |