le Glossaire de Francis a trouvé : - | Dans le cadre de l'organisation de la Résistance, la lettre R suivie de 1 à 6 indiquait une région de la zone Sud (zone non occupée jusqu'en 1942).
R1 : Région Rhône-Alpes (centre Lyon).
R2 : Région Provence-Côte d'Azur (centre Marseille).
R3 : Région Languedoc-Roussillon (centre Montpellier).
R4 : Région du Sud-Ouest (centre Toulouse).
R5 : Région de Limoges (centre Brives puis Limoges).
R6 : Région de l'Auvergne (centre Clermont-Ferrand).
En zone Nord occupée, les régions étaient définies par les simples lettres : P - A - B - C - D - M
(voir "zone")
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Dans ce texte : L'affaire du défilé : une affaire de discipline ou de style ? de Francis Deleu le jeudi 29 décembre 2005 à 16h53
Bonsoir,
La campagne de Tunisie est à peine terminée que déjà le clivage entre les FFL et l'Armée d'Afrique se creuse à nouveau. Pour célébrer la victoire, il est hors de question que les Français Libres, appartenant à la division Koenig, défilent avec le 19e Corps d'Armée c'est-à-dire l'Armée de Giraud.
C'est ainsi que 20 mai 1943, dans Tunis reconquise, on verra défiler deux armées françaises.
*** D'une part, avec les unités de "Monty", mais bien détachés avec leurs insignes à croix de Lorraine, une vingtaine de véhicules montés par des hommes en short et en chemise à manches courtes, coiffés de calots aux couleurs vives, les Français libres. Ils portaient haut, comme Larminat lui-même, le panache de l'aventure. Ils étaient insolents: de mauvais élèves triomphants.
Les "bons élèves", eux, étaient dix mille, en capote kaki, coiffés de la vieille bourguignotte "armés, dit Larminat, d'un lugubre Lebel Modèle 1886 à baïonnette, style canne à pêche ". Parmi eux, beaucoup de Nord-Africains. Ils venaient de se battre dans la boue des djebels avec un armement désuet, un règlement antique. Pour leurs chefs, le fait que les "aventuriers" FFL aient refusé de "prendre la file" derrière les vieux régiments, était la plus insupportable des provocations, le triomphe de l'indiscipline, un rappel injurieux de leur défaite de 1940, de leurs incertitudes, de leur inaction pendant deux ans et demi. *** [*]
Ce croquis, s'il ne fera pas l'unanimité, illustre bien la différence de style - de discipline ? - entre deux armées qui combattirent côte à côte, avec autant d'ardeur l'une et l'autre.
Bien cordialement,
Francis.
[*] Jean Planchais, Une histoire politique de l'Armée, Tome 2, pp 42 et 43. *** / *** |