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La Chute de Berlin - Antony BEEVOR (trad. de l'anglais par Jean Bourdier)
La description du sujet




Remarque :

Pour que le Glossaire trouve un sigle, il doit être écrit en majuscules

Pour qu'il trouve un mot, il doit ètre orthographié et accentué correctement

§:c (

 

le Glossaire de Francis a trouvé :


Reichsführer - Allemagne nazie
-

Grade dans la Waffen SS qui ne fut attribué qu'au seul Heinrich Himmler. Son équivalent dans l'armée française pourrait être "Maréchal" qui n'est pas, à proprement parler, un grade mais une distinction honorifique.


SS - Schutzstaffel - Allemagne nazie
-

"Echelon de protection" ou "Section de protection".
Créée en 1923, la SS est d'abord la garde prétorienne de Hitler. Sous l'impulsion de Heinrich Himmler qui en prend la tête le 6 juin 1929, elle devient la police du Reich. A partir de 1937, la SS est chargée de la gestion du système concentrationnaire.
Himmler portera le titre de "Reichsfürher-SS".

A partir de 1935, la SS se subdivise en différentes branches notamment:
- SS Verfügungstruppe (troupes mises à disposition), organisées militairement et qui deviennent, au début de la guerre, les Waffen SS.
- SS Totenkopf (tête de mort) chargées de la garde des camps de concentration.

Dans ce texte :

Manipulateur mais naïf quand même de Nicolas Bernard le jeudi 28 octobre 2004 à 01h27

> Puisqu'hitler était un grand manipulateur
> on peut pencher pour le fait qu'il ait été au moins au
> courant des tractations de Himmler
> ensuite on pourra jamais savoir si c'était au départ une
> de
> ses idées et donc de son initiative !

Pour tout dire, je vois très mal Himmler agir sans l'aval de Hitler. Rien dans la biographie du Reichsführer SS ne le montre si... courageux. Au contraire, Hitler l'impressionnant tant qu'il allait jusqu'à se figer au garde-à-vous dès qu'il l'avait au téléphone...


> mais de toute facon pour imaginer des stratagème de ce
> niveau il faut être déconnecté de la réalité !

Il faut savoir que dans les dernières semaines de la guerre, de nombreux Allemands espèrent que les Alliés arriveront chez eux avant les Soviétiques, et que l'Allemagne peut encore être sauvée par les Occidentaux, voire qu'une guerre opposera inévitablement communistes et capitalistes. On sait que Hitler partage cet espoir.

Un exemple. Le 25 avril 1945, en fin de matinée, Hitler apprend qu'"un pays neutre faisait état d'un désaccord entre Russes et Américains dès la jonction de leurs troupes sur la Mulde. Le différend portait, semble-t-il, sur les secteurs respectifs d'occupation et les Russes accusaient les Américains de ne pas respecter les accords de Yalta." (Toland, Hitler, Robert Laffont, "Bouquins", 1983, p. 845)

La nouvelle, comme on le sait, était fausse. Mais Hitler "se redressa, le visage illuminé" et tient à ses généraux ce langage : "Messieurs, voici encore une preuve frappante du manque d'union entre nos ennemis. Le peuple allemand, de même que l'Histoire, me flétrirait sûrement comme un criminel si je demandais la paix aujourd'hui alors que, demain, nos ennemis se battront peut-être ! [...] Ne serait-il pas possible que d'ici à quelques jours - ou quelques heures - la guerre éclatât entre les bolchéviques et les Anglo-Saxons à propos de leur proie : l'Allemagne ?" (ibid.)

Donc, Hitler croit au renversement des alliances. Le calcul n'est pas totalement dépourvu de pertinence, mais il anticipe sur les événements - ce n'est véritablement qu'en 1947 que le schisme soviéto-occidental se produira.

Dans le même temps, Hitler me paraît être un manipulateur de talent, un genre de Frank Abagnale antisémite, génocidaire, militariste, expansionniste et dénué de scrupules. Aussi je ne pense pas qu'il se soit contenté, comme de nombreux Allemands, d'espérer un nouveau miracle : il a plutôt agi pour forcer le destin. Comme Himmler, pense-t-il, est le mieux placé pour négocier avec les Alliés (c'est le nazi le plus puissant du Reich, il bénéficie d'ouvertures à l'étranger), il l'envoie prendre contact avec les Suédois. Dans le même temps, il faut pallier la mauvaise image du Reichsführer (les camps de concentration sont libérés les uns après les autres, ce qui n'est pas génial niveau marketing nazi) : Himmler est présenté comme un courageux Résistant agissant à l'insu de Hitler, et lorsque ce dernier sait, le 28 avril 1945, qu'il n'a plus la moindre chance de sortir vivant de Berlin, joue le tout pour le tout et le consacre, à titre définitif, traître au national-socialisme. Conséquence : tandis que son cadavre achèvera de brûler dans les ruines de la Chancellerie, Eisenhower négociera non pas avec le chef des sinistres SS, mais avec un préposé au maintien de l'ordre en Allemagne doublé d'un opposant au nazisme...

Il n'est absolument pas invraisemblable qu'un tel plan soit sorti du cerveau brumeux de Hitler. On y retrouve ce haut degré de complexité et de sidérante naïveté qui constitue le modus operandi du dictateur nazi.


> cet aspect n'entre t il pas dans la définition de la
> folie?

Disons qu'un individu qui fait exterminer des millions de gens n'est pas très bien dans sa tête. D'un autre côté, et même si j'aime le qualifier de détraqué, il est un peu facile de faire de Hitler un fou : ce "diagnostic" l'exonère de toute responsabilité, et permet à ceux qui l'ont suivi, à ceux qui se sont tu, de se dédouaner à leur tour pour faire porter le chapeau au malade mental de la Chancellerie.

*** / ***

Consulter ou enrichir le Glossaire de Francis

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textexp.php bidouillé par Jacques Ghémard le 8 9 2010  Hébergé par PHP-Net PHP-Net  Temps entre début et fin du script : 0.1 s  3 requêtes