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Pierre Drieu La Rochelle

Pierre Andreu et Frederic Grover

Pierre Drieu La Rochelle est un cas... fâcheux, irritant, touchant et compliqué !
Je l'avoue, j'ai (un peu) hésité avant de déposer la très bonne biographie que lui consacrèrent Frederic Grover et Pierre Andreu il y a un quart de siècle.
Politiquement, il est infréquentable. Mais Drieu fut un écrivain de talent, ce n'est pas Bernard Frank qui nous contredira. Car, qu'on le veuille ou non, tout en déplorant la navrante dérive fasciste puis nazie de celui qui fut le meilleur ami d'Aragon, un proche de Dada puis du groupe surréaliste - il prit part au procès Barrès -, cet oncle maudit en littérature auto-épuré en 1945 est aussi incontournable qu'indéfendable dès qu'on aborde les rapports entre les lettres et la politique entre 1929 et 1945.

Contrairement à d'autres auteurs condamnés à la Libération, Drieu a vécu à fond les aventures culturelles et politiques majeures du premier demi-siècle. Directeur de revue politique avec Emmanuel Berl, compagnon de bordel de Louis Aragon, ami impossible de Malraux qui fut son scrupuleux exécuteur testamentaire et dont Drieu adora La condition humaine, ce dandy couvert de femmes fut un romancier talentueux avec Le Feu follet, Rêveuse bourgeoisie, La Comédie de Charleroi parmi d'autres.
De Dominique Dessanti à Jacques Lecarme avec son essai récent Drieu la Rochelle ou le bal des maudits (PUF), il continue de "travailler" les consciences des passionnés de la littérature française du XXe siècle. Nimier, Frank, puis Modiano et Neuhoff n'ont jamais cessé de s'interroger sur cet amour-haine que suscite l'auteur des Mémoires de Dirk Raspe et de L'homme couvert de femmes.
Sur son site littéraire, André Bourgeois écrit :

Peut-être que ce qui touche chez Drieu c'est la quête d'un homme perdu, perdu comme une génération, perdu après qu'on lui ait, peut-être plus qu'à certains autres, "bourré" la tête d'images d'Epinal plutôt guerrières, mais aussi, mais surtout, perdu comme un homme que l'on a fait rêver épopées, devant une civilisation qui fait de moins en moins de place à l'homme. Ne laissons pas la possibilité d'un malentendu, j'emploie le mot "perdu" pour celui qui cherche désespérément sa route et pas pour qualifier indirectement là où son engagement l'a conduit.

Et, plus bas :
Il rêvait encore malgré sa terrible déception de force et cette force, comme bien d'autres de sa génération, mais avec un goût marqué pour la politique et le rôle de l'intellectuel (L'Homme à cheval) il la cherchait du coté de ces soleils qui s'étaient levés à l'Est et qui devaient rapidement brûler tout ce qu'ils éclairaient. Le communisme le tenta, il se laissa aller finalement au fascisme peut-être simplement parce que sa recherche du Chef à inspirer (Doriot) le mena de ce coté, peut-être aussi parce qu'il espérait que l'Allemagne construirait enfin une véritable Europe, mais comment l'aurait-elle pu là où la France avait échoué dans des circonstances infiniment plus favorables? On pourra me dire que tout cela, c'est simplifier et ce sera vrai. Drieu, c'est aussi l'homme démuni face au problème de l'argent - autre symbole de la force - et l'argent le mène aux femmes. Drieu, c'est enfin une constante volonté de se déprécier, une réelle et lente auto destruction qui seule d'ailleurs explique cet antisémitisme - assez bien caché - qui chez lui est en grande partie une détestation de soi. On connaît ses relations avec sa première femme Colette Jeramec et ses frères, il en parlera plusieurs fois soit dans la Comédie de Charleroi soit, surtout, dans Gilles. Cette détestation le conduira à un suicide annoncé comme à un constant dénigrement de ses oeuvres. C'est là un exercice dangereux, on sait que les critiques ont peu d'imagination - autrement ils seraient écrivains - et il est dangereux de leur proposer ces idées, ils ont tôt fait de les reprendre. Gilles est un livre majeur de ce premier demi siècle. Aucun livre ne rend mieux compte des errements d'une partie de cette génération qu'on ne peut pas comprendre si on ne la resitue pas à l'issue de ce carnage abominable, de ce crime contre l'humanité de l'Europe contre elle même. Mais au-delà, Gilles nous donne une figure de l'Homme perdu face à la société.

Sa biographie a donc sa place dans Livres de Guerre.

RC

 

Editeur : Hachette
Date edition : 1979
Support : livre
Genre : biographie
Période concernée : de 1870 à 1945
Région concernée : Ouest Europe

Proposé par René CLAUDE le lundi 04 avril 2005 à 21h36

Dernière contribution le lundi 26 mars 2012 à 11h13

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