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Edition du 02 novembre 2012 à 11h37

Histoire(s) de la Dernière Guerre / collectif

En réponse à -2
-1Un royaume, un occupant, deux entités... de Francis Deleu

Le massacre d'Abbeville de Francis Deleu le mardi 07 septembre 2010 à 21h25

Bonsoir,

Ce n'est pas le moindre des mérites du magazine que de développer, en encadré, l'un ou l'autre point suggéré dans l'article de référence. Il en est ainsi du massacre d'Abbeville.
Les Ldégistes qui n'auraient pas encore fait l'acquisition de ce n° 7 de "Histoire(s) de la Dernière Guerre" trouveront le récit du massacre ici : Le kiosque d'Abbeville.

Sur ce thème et sur LdG, un débat fut initié en regard du livre "Dossier Abbeville"

Quelles furent les circonstances de cette "bavure" ?
Le 10 mai 1940 et les jours qui suivront l'agression allemande, quelques milliers d'étrangers et de Belges furent internés par mesure de prévention :; Allemands et Autrichiens résidant en Belgique ou y ayant cherché refuge en raison de leurs opinions politiques hostiles au nazisme, communistes ou anciens volontaires des Brigades internationales, militants nationalistes flamands, d'autres encore sans motif véritable si ce n'est que leurs têtes ne plaisaient pas aux notables de leur région.
Nombre d'étrangers avaient afflué d'Allemagne et - fièvre de l'espionnite ou de la cinquième colonne aidant - parmi les réfugiés authentiques ne se cachaient-ils pas d'authentiques agents de l'Abwher ? Les communistes solidaires de l'URSS, allié de circonstance de Reich, ne seraient-ils pas une menace plus immédiate que la Wehrmacht ? Certains extrémistes flamands, fascistes ou rexistes, ne seraient-ils pas tentés de faire cause commune avec l'envahisseur ? Bref, autant de "suspects" à neutraliser !
Devant la progression des troupes allemandes, des convois d'internés furent acheminés en France. Ces transferts en France se firent dans des conditions inhumaines : les prisonniers, dénoncés à la vindicte publique comme des agents de la cinquième colonne ou des parachutistes allemands, étaient menacés à chaque halte des convois.
Un prisonnier belge peu suspect de sympathies nazies écrit:
Le train mit sept jours à parcourir la distance de Bruxelles à Orléans. Sous une chaleur torride, compressés à 40 par wagons hermétiquement clos, sans en pouvoir sortir ni de jour ni de nuit, des centaines d'hommes, de femmes et même d'enfants souffrirent de la faim, du manque d'air et surtout d'une soif épouvantable (notre wagon, par exemple, resta 43 heures sans recevoir une goutte d'eau). Soumis à de nombreuses vexations et brutalités de la part de certains soldats de l'escorte, nous fûmes, en de nombreuses gares presque lynchés par une population, exaspérée par la défaire, et à qui on faisait croire que notre train était rempli de parachutistes et d'espions. De grandes inscriptions à la craie (que nous n'aperçûmes qu'à l'arrivée à Orléans) couvraient certains wagons : "5e colonne", "parachutistes" - surtout parachutistes, c'était le mot magique de cette époque … Plusieurs occupants du "train fantôme" moururent en route. Quelques-uns furent froidement abattus. Des wagons entiers furent littéralement "razziés" par des patrouilles de gardes mobiles et de soldats ivres qui raflèrent - sans donner aucun reçu - les quelques francs des pauvres et les milliers de dollars des riches (il y avait des diamantaires juifs d'Anvers qui portaient sur eux de véritables fortunes). Au camp du Vernet [*] allaient d'ailleurs se retrouver, dans la même baraque, des Juifs anversois avec leur rabbin et les dirigeants de l'organisation antisémite d'Anvers.
Retour sur l'excellente synthèse de Patrick Rouveirol ! L'arrestation des extrémistes flamands, notamment le meurtre à Abbeville de Joris Van Severen (leader du Verdinaso) contribua à consolider une haine tenace contre l'Etat unitaire et le système belge. Dans la ferveur avec laquelle certains Belges se jetèrent dans la voie de la collaboration, les vexations et les souffrances endurées en mai-juin 1940 jouèrent certainement un rôle.

Bien cordialement,
Francis.

[*] Les principaux camps pour les internés belges furent ceux du Vernet, de Saint-Cyprien et de Gurs.

*** / ***

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1 Piège fatal pour les uns, issue heureuse pour les autres ! de Francis Deleu 08 sept. 2010 11h35

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