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Saint-Amand-Montrond. Un été meutrier / Jacqueline Humbert-Buisson

En réponse à
-1La libération du Berry de Serge Desbois

Libération du Berry, un autre son de cloche. de Serge Desbois le dimanche 20 juillet 2008 à 14h44

Philippe de Vomécourt propriétaire terrien près de Limoges, alias Major Hutton du « Spécial Opérations Executive (SOE) Section française SF » au cœur des FFI du Berry, lors de la reddition de la colonne Elster, s’était rendu de l’autre coté de la Loire pour rencontrer le général américain Macon

Le but était que la reddition des Allemands encerclés par les FFI se fassent entièrement aux profit des FFI du sud de la Loire. Une unité des troupes américaine sur quelques Jeeps s’était aventurée au sud de la Loire pour prendre contact avec les Allemands.

Laissons parler De Vomécourt :

Le Colonel alla transmettre ma proposition au Général Macon. Il revint promptement.
« Le Général Macon ne vous recevra pas. Il ne me proposera aucune modification des dispositions présentes. La reddition est en cours et se poursuivra suivant les conditions déterminées avec les Allemands ».

Le Colonel refusa carrément toute discussion, et se borna à me dire que personne n'avait besoin de notre aide, ni de nos conseils.

Je lui proposai cependant la coopération du Colonel Bourgoin et de ses parachutistes pour parer aux incidents qui pourraient se produire dans les villes situées sur le passage des Allemands. Il répondit qu'il n'en voyait pas l'utilité.
« Dans ce cas, permettez-nous au moins d'organiser des patrouilles qui se chargeraient d'intercepter les déserteurs. » Les Américains n'avaient prévu que quelques jeeps pour escorter la colonne. Le Colonel refusa les patrouilles des F.F.I.

Je ne pouvais rien faire de plus.
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Mon autorité ne pouvait pas rivaliser avec celle du Général Macon.
Je rentrai aussi vite que possible pour organiser des patrouilles qui suivraient la colonne. J'étais inquiet pour la population ; je ne voulais voir personne souffrir à cause de mouvements de haine que quelques-uns seraient peut-être incapables de réprimer au passage des Allemands.
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Les 18.000 Allemands avaient été répartis en trois colonnes escortées chacune de trois jeeps, au début, au milieu et à la fin de la colonne. Une telle protection était ridiculement insuffisante et les soldats ne tardèrent pas à en prendre avantage.

Personne n'eut cru en les voyant passer, avoir sous les yeux une armée vaincue, marchant vers sa reddition. Ils fanfaronnaient en traversant des villages comme Dhuizon ou la Ferté-Saint-Cyr où une semaine auparavant, ils avaient massacré des innocents. Beaucoup d'entre eux utilisaient des bicyclettes, des automobiles et des voitures à chevaux qu'ils avaient « réquisitionnées. » Le soir, certains offrirent jusqu'à cinq mille francs pour une chambre chez l'habitant.
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Le voyage dura trois jours et trois nuits et chaque nuit, des avions allemands vinrent parachuter des vêtements civils au-dessus de la colonne. Certains Allemands tentèrent de s'évader, habillés en civil et porteurs de papiers d'identité français. Dieu seul sait d'où ils les tenaient. Tous ne furent pas repris. Quand ils tombaient entre nos mains, nous les remettions à leurs officiers, comme déserteurs et ceux qui se servirent de leurs armes furent abattus sur place.

Nos escortes de F.F.I. firent beaucoup pour écarter les occasions de conflit entre la colonne et les habitants des villages mais elles étaient impuissantes à empêcher les Allemands de détruire leur équipement. A chaque halte, ils en brûlaient une partie, laissant derrière eux des monceaux de débris fumants où on reconnaissait des médailles, des jumelles, des poignards à demi fondus. Ils détruisirent les carabines, les appareils de photo et de cinéma, les revolvers. Le dernier soir, ils mirent le feu à des bicyclettes, des charrettes, des matelas, des vêtements et des liasses de billets de 5.000 francs volés aux Français. Auparavant, ils avaient déchargé en l'air leurs fusils et leurs mitrailleuses au risque de semer la panique chez les habitants.

Quand ils furent au terme de leur marche, il ne leur restait qu'une infime partie de leur équipement. Ils s'en débarassèrent dans un pré aux abords de la Loire puis la colonne se reforma et traversa le pont de Beaugency. Le camp américain se trouvait sur l'autre rive.
Là, le Général Elster fut désarmé avec cérémonial et les soldats emmenés vers un camp de prisonniers de guerre. Ensuite, les Américains invitèrent les officiers allemands à prendre le thé, et leur imcompréhension de ce qu'aurait pu être la guerre et la cruauté des Allemands était telle qu'ils invitèrent le chef des F.F.I. à se joindre à eux. Il refusa.

Au même instant, des officiers F.F.I. qui avaient aidé les Américains à récupérer leurs prisonniers se firent rabrouer avec mépris par certains soldats américains. Tous se passait comme si les Allemands avaient été des alliés et les Français des ennemis.

La mesure fut comble quand les prisonniers séparés des habitants par une rangée de fils de fer, étalèrent avec ostentation le pain blanc, le chocolat et les oranges qu'ils recevaient de leurs vainqueurs en se moquant ouvertement des Français « libérés » dont la joie déjà, se teintait d'amertune.

Cette attristante aventure avait porté au prestige des Américains dans cette partie de la France un coup dont les conséquences restent incalculables.
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Il est symtomatique que, tandis que partout ailleurs les soldats alliés étaient accueillis dans une allégresse délirante, les habitants d'un village de Sologne au moins, mirent en pièces le drapeau américain.

Je comprends que les Allemands aient préféré ne pas se rendre aux résistants. Je sais aussi que les Américains manquaient de confiance en la Résistance et qu'ils pouvaient craindre que nous n'assumions pas la tâche avec la discipline nécessaire. Même s'ils ne s'étaient pas trompés, il est certain que nous n'aurions pas refusé leur supervision. Pour ma part, j'aurais volontiers accepté la présence des jeeps.

Nous aurions évidemment exigé que les Allemands commencent par déposer leurs armes. J'ai entendu alléguer que la Résistance eut pu en faire mauvais usage. L'excuse n'est pas fameuse, et de toute manière rien ne s'opposait à ce que les Américains nous demandent de leur remettre les armes que nous aurions conquises.

Aucun des résistants concernés n'a oublié cette conclusion mélancolique si peu conforme à l'image que nous nous faisions de la Libération.


* Philippe de Vomecourt publié en Angleterre sous le titre « Who lived to see the Day » traduit en français par « Les artisans de la Liberté ».

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