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Mais les distractions quotidiennes gratuites n'étaient rien à côté de l'autre avantage apporté par la proximité du terrain d'aviation: le commerce des souvenirs, pour lequel ils n'étaient pas venus sans provisions...le marchandage commençait.
Les prix s'étaient vite plus ou moins stabilisés, mais ils n'étaient pas immuables, et si l'on avait la chance d'offrir un article qu'un aviateur désirait à tout prix, on pouvait faire monter les tarifs habituels....
Un fanion de combat en soie, de préférence tâché de sang, valait toujours au moins trois bouteilles (de whisky), alors qu'un fusil ne rapportait jamais plus d'une demi bouteille. Un casque, s'il portait l'étoile d'or ou d'argent d'un officier,, et s'il n'était pas trop abîmé, pouvait être échangé contre une bouteille. Les pistolets étaient trés demandés. Il y avait deux types de pistolets japonais. Le premier, assez ordinaire... rapportait trois bouteilles; l'autre, plus lourd et mieux façonné, était copié sur le Luger allemand....Il rapportait jusqu'à quatre, cinq et même parfois six bouteilles.
Le "sabre de samouraï" ordinaire valait toujours au moins cinq bouteilles, et les vrais, avec incrustations d'or et d'ivoire montaient jusqu'à neuf bouteilles. Quant au sabre incrusté de pierreries, il n'avait pas de prix, mais on n'en trouvait pas sur le marché.
A côté de ces marchandises de base, il y en avait bien d'autres, comme par exemple les épais ceinturons de cuir avec leurs gibernes à munitions désuètes, que les aviateurs aimaient énormément.
Il y avait aussi une grosse demande pour les photographies et portefeuilles japonais. Les photos portant quelque chose d'écrit en japonais faisaient prime, et les photos représentant des soldats ou des groupes de soldats valaient davantage que celles des femmes ou des petites amies, à moins naturellement que ces photos soient pornographiques... |