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Notes de Guerre / Général de Monsabert

 

les femmes avaient peur... de Leon le lundi 05 juin 2006 à 14h49

... et n'avaient pas honte de le dire...
On a beaucoup parlé de l'Italie, des troupes indigènes, d'Esperia, du Belvédère et d'autres choses, ces derniers jours.
Je nous pose une question, à nous qui épiloguons sur les responsabilités, les vérités, les enquêtes jamais ouvertes etc... avons-nous pris le temps de savoir quel était le quotidien de ces hommes en première lignes?
Pouvons-nous imaginer leur peur, leurs souffrances. Vu de notre gentil lundi de Pentecôte, à deux pas d'un évènement médiatico-sportif qui fait déja vibrer les foules européennes, je vous soumets ce texte, (qui n'enlève bien sûr rien à la réalité des drames en question).

Ce témoignage est extrait du livre de Solange Cuvillier (que je n'ai pas encore lu): Tribulations d'une Femme dans l'Armée Française, ou le Patriotisme écorché, éditions Lettres du Monde, Paris, 1991, 173 pages.

***La première ambulancière qui tombera sera Marie Loretti. Sa voiture fut prise sous un tir de mortiers sur la route de San Elia, "route de la mort", ainsi nommée par les combattants du secteur. Tentant avec sa coéquipière de mettre ses blessés à l'abri, elle fut fauchée de plein fouet. Dans de telles circonstances, je me dois de parler de la "peur", ce phénomène psychologique qui vous tord les entrailles, que chacun a ressenti à sa façon. (…)
Celle éprouvée en conduisant dans la boue, sous le sifflement des obus, dans le black-out le plus total, par des nuits sans lune, responsable de blessés qui se sentaient sécurisés par notre présence. Les conditions climatiques désastreuses en ce début d'hiver 1944, pluies diluviennes, vents soufflant en tempête, froid puis neige, ont transformé pistes et campements en bourbiers gluants. Nous vivions dans le cloaque(…)
Nous appréhendions les crevaisons dans l'encre de la nuit. A l'instar de certaines peuplades, nous nous étions mises à adorer la Lune, bénissant ses phases de clarté(…)
Oui, dans ces moments de conduite dans le Monde des Ténèbres, le buste à demi-penché hors de la vitre ou la tête sortie par le pare-brise levé, scrutant vainement la nuit pour apercevoir ma coéquipière marchant bras étendus devant le véhicule, j'ai connu les sueurs froides de la peur.(…)
Nos pensées allaient à nos guetteurs enfouis dans leurs trous, en haut des pitons qui, sous des températures atteignant vingt au-dessous de zéro, allaient devoir souffrir atrocement de membres gelés.(…)
Les éternelles boites de rations K et de Meat and Beans composaient la plus grande partie de notre ordinaire agrémenté de fruits au sirop et de grands pains de mie américains que nous faisions griller sur des braises. Le nettoyage (des vêtements) a été parfois ardu car l'eau a manqué lorsque l'ennemi empoisonnait sources et puits, nous obligeant de façon épisodique à la remplacer par de l'essence dont les vapeurs avaient les mêmes vertus que l'ipéca. Des missions lointaines mais délassantes nous conduisaient à Naples où nous évacuions d'importants convois de blessés en instance de rapatriement sur l'Afrique du Nord. (…)
La baie de Naples dominée par le cyclopéen cône du Vésuve était d'une beauté saisissante. Pour nous, ambulancières, c'était l'occasion de nous gaver de petits fours en contemplant les lingeries chatoyantes, bien inutiles hélas, qui s'offraient à nos regards dans les vitrines de la Via Chiaia ou de la Via Roma. Nous acceptions parfois les invitations dans les popotes alentours où cuisiniers algériens et marocains se surpassaient. Ne vivant qu'entre femmes ou avec des blessés et des morts depuis des semaines, nous ressentions le besoin humain de communiquer avec l'élément masculin.
***

A plus tard... Frédérique

*** / ***

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